
« Il m’a sûrement déjà contrôlé. Mais je n’ai aucune conscience de qui est ce policier. » Deux hommes, un mineur et un majeur, avaient été interpellés, vendredi 27 mars 2026, à Ploufragan. Ils étaient soupçonnés d’avoir, mercredi 25 mars 2026, menacé et intimidé un policier du commissariat de Saint-Brieuc alors qu’il était en civil et en présence de sa femme et de ses deux filles de 10 et 5 ans.
Un groupe menaçant d’une vingtaine de personnes
Cet agent de la brigade anticriminalité (Bac) était venu déposer ses enfants dans un local associatif que dirige sa belle-mère, avant de partir faire un jogging avec sa femme. Il a été reconnu à ce moment en sa qualité de policier. Pendant sa course, il est alerté par un attroupement d’une vingtaine de personnes devant la structure, qui cherchaient à savoir : « Il est où le flic, il est où le baqueux ? »
Des ballons de foot rebondissent sur les vitres et quelques individus s’approchent des ouvertures. En passant par la porte de derrière, le fonctionnaire rejoint ses filles et sa belle-mère, avant que sa compagne ne les rejoigne.
Une des personnes de l’attroupement tente d’ouvrir la porte du local mais le fonctionnaire de police arrive à la verrouiller, avant d’appeler ses collègues. Avant même leur arrivée, la famille prend la fuite, toujours par la porte de derrière.
« Se faire contrôler par la Bac, ce n’est pas une infraction »
Si le mineur sera jugé ultérieurement devant le tribunal pour enfant, le majeur, un homme de 19 ans, comparaissait ce lundi 30 mars à Saint-Brieuc. Les deux compères avaient été formellement identifiés par le fonctionnaire pour les avoir contrôlés à plusieurs reprises. Mais le prévenu a nié tout esprit de vengeance. « Quand je suis arrivé sur place, j’ai vu l’attroupement mais le policier était déjà à l’intérieur, je ne savais même pas qui c’était », a avancé celui qui n’a, par ailleurs, aucune mention à son casier judiciaire. « Se faire contrôler par la Bac, ce n’est pas une infraction, rappelle son avocate. Il n’y a jamais eu de contentieux entre ces deux hommes, aucun contrôle ne s’est mal passé. »
« On n’a pas besoin de porter des coups pour faire très mal », marque le procureur, qui insiste sur le traumatisme vécu par la famille du policier, notamment ses filles. « Sept jours d’ITT pour chacun sans violence physique. On ne voit pas ça tous les jours. »
L’homme de 19 ans a été condamné à huit mois de prison avec sursis probatoire de deux ans. Il devra, entre autres, débourser 2 500 euros d’indemnisation et effectuer 70 heures de travaux d’intérêt général.