La perspective d’un rapprochement entre Etats-Unis et Cuba reste incertaine. Tandis que Washington affirme que des discussions sont en cours, le président cubain Miguel Díaz-Canel insiste sur un préalable : un dialogue « sans pressions » ni « préconditions », excluant toute « ingérence » dans les affaires internes de l’île.
Lors d’une conférence de presse retransmise à la télévision nationale, il a déclaré : « Cuba est prêt à un dialogue avec les Etats-Unis, à un dialogue sur n’importe lequel des sujets dont on souhaite débattre ou discuter. » Mais il a aussitôt encadré cette ouverture : « Sans pressions […], sans préconditions », et « sans aborder les questions qui nous sont propres et que nous pouvons considérer comme une ingérence dans nos affaires internes ».
Miguel Díaz-Canel « devrait faire preuve de sagesse »
A Washington, la tonalité est différente. La porte-parole de la Maison-Blanche, Karoline Leavitt, a estimé que Miguel Díaz-Canel « devrait faire preuve de sagesse dans les déclarations qu’il adresse au président des Etats-Unis », jugeant que « le gouvernement cubain est à l’agonie et que son pays est sur le point de s’effondrer ». Elle a ajouté que le président Donald Trump est « toujours disposé à engager un dialogue diplomatique » et que celui-ci serait déjà « en train de se produire ».
Depuis la mi-janvier, Donald Trump affirme que des pourparlers sont engagés et dit entrevoir « un accord » possible avec son voisin. Les autorités cubaines reconnaissent qu’il y a « bien eu des échanges de messages », tout en précisant qu’il ne s’agit pas « de dialogue à proprement parler ». Dans le même temps, la pression économique s’est accrue : après l’arrêt des livraisons en provenance du Venezuela consécutif à la capture du président Nicolás Maduro, un décret autorise désormais les Etats-Unis à frapper de droits de douane les pays vendant du pétrole à Cuba, et Washington affirme que le Mexique cessera ses livraisons entamées en 2023.
L’économie de Cuba est presque asphyxiée
L’administration américaine justifie cette politique en invoquant une « menace exceptionnelle » pour la sécurité nationale, alors que Cuba se trouve à 150 kilomètres de la Floride. La Havane dénonce de son côté une volonté « d’asphyxier » son économie déjà soumise à l’embargo. En parallèle, le département d’Etat a annoncé une aide humanitaire supplémentaire de 6 millions de dollars via l’Eglise catholique cubaine, après un premier envoi de 3 millions en janvier, qualifié de « manipulation politique » par les autorités cubaines.
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Sur le plan intérieur, Miguel Díaz-Canel a reconnu une « pénurie aiguë de carburant » liée à la politique de pression américaine. La production d’électricité issue des groupes électrogènes au diesel et au fioul a été « nulle » ces dernières semaines faute de combustible, aggravant les coupures. « Nous ne pouvons pas expliquer ouvertement tout ce que nous faisons », a-t-il affirmé, assurant toutefois que « Cuba n’est pas seul » et rappelant que les énergies renouvelables représentent désormais 10 % de la production nationale, contre 3 % avant 2023.