Allisio et le RN sans triomphalisme, Payan décide de partir en solo

François Xavier
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En ce dimanche d’élections municipales à Marseille, le ciel était à la grisaille mais le coup de tonnerre, lui, est venu des urnes. Emmené par Franck Allisio, le RN réalise un score historique avec environ 35 % des voix, légèrement devancé par le maire sortant Benoît Payan, dans des résultats encore incomplets en fin de soirée.

Derrière lui, la candidate divers droite Martine Vassal s’effondre, avec 12 % des voix, soit 10 points de moins qu’en 2020, au coude à coude avec la liste LFI de Sébastien Delogu. Du jamais vu donc pour le RN dans une élection municipale à Marseille.

Doutes et énoncé performatif

Arrivé peu avant 22 heures dans une salle vide au dallage simili marbre et aux lumières crues réservée par ses équipes pour la presse, Franck Allisio s’exprime cinq petites minutes avant de repartir aussitôt. « Nous en appelons à toutes les Marseillaises et tous les Marseillais. Rejoignez-nous. Unissons-nous pour battre la gauche et l’extrême gauche […] Dimanche prochain, je serai votre maire », déclare-t-il sous les yeux de ses colistiers et d’une poignée de soutiens. Notamment Stéphane Ravier, candidat du RN en 2020 ; il avait alors glané un peu plus de 20 % des voix.

Malgré ce score jamais-vu et une déclaration qu’Allisio espère performative (« Dimanche prochain, je serai votre maire »), une pointe de déception – plutôt une absence d’enthousiasme – émane de la salle fermée à la hâte aux alentours de 23 heures, sans champagne ni buffet.

Car l’entre deux-tours s’annonce tendu avec ces quatre candidats en position de se maintenir. Un statu quo, avec Payan devant d’une courte tête, le reconduirait à la mairie centrale. Reste donc pour le candidat RN la possibilité d’ouvrir des négociations avec Martine Vassal. Après une campagne ratée, elle hésitait manifestement à s’exprimer avant de se résoudre à un simple communiqué actant sa défaite, publié peu avant minuit.

Payant ferme la porte à Delogu

« Je ne sais pas s’il est opportun de repêcher des gens, c’est à Franck d’en juger », évacue Stéphane Ravier. il complète : « Il y a un réservoir de voix chez Vassal qui ne tiendra pas ses troupes », espérant peut-être des ralliements partiels plus qu’une improbable fusion des listes avec la candidate soutenue par les LR et la macronie.

Une même équation, mais à gauche, se présentait à Benoît Payan, dont les relations avec LFI sont notoirement dégradées. Si Sébastien Delogu (LFI) a très rapidement appelé à « un front antifasciste » et à des négociations, le maire sortant ne s’est exprimé que tard dans la soirée. Faut-il prendre le risque de livrer la mairie au RN, ou entrer dans une négociation dont il n’a absolument pas envie ? On est partis pour la première solution : Benoît Payan appelle « à se rassembler » face à « la vague brune », mais dit qu’il « n’est pas question de faire la moindre tambouille avec qui que ce soit ». En clair, c’est non pour prendre la main tendue par Delogu. Une « position irresponsable » selon ce dernier.

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