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pourquoi le Cameroun a tenu sans ses cadres historiques

pourquoi le Cameroun a tenu sans ses cadres historiques

Éliminé en quart de finale de la CAN 2025 au Maroc, le Cameroun sort par la petite porte, mais sans sombrer. Une nuance essentielle. Car derrière la défaite, se cache une leçon plus profonde que le simple résultat : celle d’une sélection qui a tenu debout en se délestant, provisoirement, de certains poids symboliques. Et qui, paradoxalement, a peut-être gagné en cohérence ce qu’elle a perdu en prestige.

Il faut d’abord poser le décor sans faux-semblants. Oui, les Lions Indomptables sont éliminés. Mais non, ils n’ont pas démérité. Mieux : ils auraient pu tomber bien plus tôt, et parfois lourdement, si certains anciens cadres avaient été sur le terrain. C’est un constat dérangeant, presque sacrilège dans un pays où les statuts se défendent bec et ongles. Pourtant, le football moderne ne se satisfait plus des statues.

Le cas d’André Onana illustre à lui seul cette fracture entre le passé et le présent. Son absence a été interprétée comme une affaire d’ego, de conflit personnel, voire de caprice institutionnel. Or, le problème est d’abord fonctionnel. Un gardien qui veut devenir meneur de jeu, imposer une philosophie personnelle et orienter le jeu au-delà de sa mission première devient un risque permanent pour un entraîneur. Dans les rencontres décisives récentes, le Cameroun a encaissé des buts avec lui. Pire, l’impression persistante était celle d’un joueur qui exécutait son propre projet, parfois à distance de celui du sélectionneur. Le leadership ne consiste pas à attirer la lumière, mais à s’effacer pour que le collectif brille.

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Même logique pour Vincent Aboubakar. Son histoire avec la sélection est immense, personne ne la conteste. Mais le football ne se joue pas avec des souvenirs. Cette CAN 2025 a imposé une intensité brutale : pressing constant, répétition des efforts, étouffement de l’adversaire. Dans ce contexte, un numéro 9 en manque de rythme et d’impact devient, malgré lui, un frein. Le vécu ne gagne pas les matchs. Le football moderne récompense l’énergie, la mobilité, la capacité à répéter les courses et à s’inscrire dans un pressing collectif. Il est parfois cruel, mais toujours lucide.

C’est là que beaucoup se trompent. Le Cameroun a tenu parce qu’il y avait moins d’ego, moins de voix contradictoires, moins de joueurs se pensant au-dessus du projet. Certains n’ont pas marqué. Mais ils ont couru. Ils ont fermé les espaces, respecté les consignes, accepté des rôles moins flatteurs. Voilà le leadership moderne : celui qui s’exprime dans l’effort et la discipline, à l’image d’un Bryan Mbeumo, plus utile que bruyant, plus constant que spectaculaire.

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À l’inverse, ces dernières années, l’absence d’Onana, d’Aboubakar et de quelques autres a mis en lumière un malaise ancien : le sentiment que certains regardaient d’abord leur rôle avant de regarder l’équipe. Une sélection nationale ne survit pas longtemps à cette hiérarchie inversée, où le statut prime sur le projet.

Cette élimination doit donc servir de pivot, pas de prétexte. Tourner la page ne signifie pas renier l’histoire, mais accepter que le temps fasse son œuvre. Le Cameroun n’a pas perdu que des matchs ces dernières années ; il a aussi trop souvent perdu le fil de son identité collective. Cette CAN, malgré l’échec final, a offert un aperçu d’un possible renouveau : une équipe plus humble, plus cohérente, plus en phase avec les exigences du football actuel.

Parfois, perdre des noms… c’est gagner une équipe. Et pour les Lions Indomptables, c’est peut-être là le véritable début de la reconstruction.

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