
Les faits remontent à la période 2017-2019, mais c’est en janvier 2024 que la mère de la victime avait porté plainte pour viol et atteinte sexuelle. Mercredi 14 janvier, à la barre du tribunal judiciaire de Lorient, le prévenu, un moniteur d’auto-école âgé de 49 ans, a reconnu des échanges de SMS à caractère philosophique et sexuel avec une jeune élève, alors âgée de 16 ans. « Ce n’était pas moi qui ai engagé ces discussions », a-t-il précisé. La présidente du tribunal lui a alors rappelé sa responsabilité d’adulte : « C’est à vous d’y mettre fin. »
La victime, aujourd’hui majeure, a témoigné de l’emprise progressive exercée par son moniteur, qui la flattait et la mettait en valeur. « La contrainte morale était insidieuse. Je pouvais lui répondre, même sur des choses sexuelles, car, pour moi, il n’allait rien se passer », a-t-elle expliqué.
« Je n’ai pas d’explication »
Les rapports sexuels avaient débuté après plusieurs mois de contacts, le prévenu stoppant net les contacts physiques dès qu’elle ne souhaitait pas aller plus loin. En 2022, elle avait entamé une thérapie et réalisé qu’elle avait été victime d’abus. Une expertise psychiatrique avait alors confirmé son état de profonde perturbation.
« Si vous étiez aussi attentif que vous le dites, comment expliquez-vous un tel retentissement sur la victime ? », a interrogé la présidente. « Je n’ai pas d’explication », a répondu l’accusé. La victime, présente à l’audience mercredi, a remercié le tribunal pour les questions posées. Des questions qu’elle n’avait jamais pu poser auparavant. Le tribunal a condamné, mercredi, le quadragénaire à 18 mois de prison, dont douze mois avec sursis, une interdiction d’exercer une activité en lien avec des mineurs pendant trois ans, ainsi qu’une inscription au Fijais (Fichier judiciaire automatisé des auteurs d’infractions sexuelles ou violentes, NDLR) et au versement de 5 000 € à la victime.