
La lutte contre le narcotrafic passe aussi par le contrôle des flux. C’est le message martelé par le préfet de Bretagne, Franck Robine, ce mercredi 14 janvier, lors d’un contrôle douanier sur l’aire de l’Armor et de l’Argoat sur la RN12. Pour intercepter ces marchandises illégales, la douane constitue un « véritable couteau suisse ».
Présents sur les routes, dans les trains, les ports et les aéroports, les douaniers contrôlent tous les modes de déplacement. En Bretagne, ils sont 270 agents, dont 170 spécifiquement affectés aux missions de sécurité et de contrôle. Parmi eux, huit motards et huit équipes cynophiles, dont certaines étaient mobilisées lors de l’opération.
Des saisies importantes en 2025
Le préfet a également dévoilé les chiffres des saisies réalisées en 2025 en Bretagne. La douane a intercepté 750 kg de tabac, 150 kg de stupéfiants toutes drogues confondues, dont 8 kg de cocaïne, représentant à elle seule une valeur estimée à 1,3 million d’euros. Au total, la valeur des marchandises saisies et des amendes douanières s’élève à 13 millions d’euros sur l’année.
Un constat s’impose : les trafics sont de plus en plus imbriqués. « Celui qui fait du trafic de cigarettes fait souvent aussi de la contrefaçon et du stupéfiant », souligne Franck Robine. La hausse du trafic de tabac, favorisée par l’augmentation de la fiscalité, profite à des réseaux structurés, parfois issus d’Europe de l’Est, où existent des usines clandestines, notamment en Albanie. « Le tabac de contrebande c’est autant de taxes qui ne rentrent pas dans les caisses de l’État », ajoute Yann Tanguy, directeur régional des douanes en Bretagne.
Un cadre juridique plus souple
Autre atout majeur de la douane : son cadre juridique spécifique, plus souple que la procédure judiciaire classique. Les agents peuvent notamment saisir des sommes d’argent liquide dont l’origine ne peut être justifiée, une pratique fréquente chez les trafiquants. « L’argent est saisi, et ensuite les enquêtes sont déclenchées », explique le préfet.