L’automobiliste responsable de la collision est jugé ce jour. Celui qui avait 19 ans au moment des faits, un militaire, se tient droit, main dans le dos. Il reconnaît. Selon l’expertise, alors que la chaussée était mouillée et que le soleil était rasant, il conduisait à une vitesse de 108 à 122 km/h sur une route limitée à 70 km/h. Lorsqu’il a abordé le virage, le jeune homme a perdu le contrôle.
« Je ne me le pardonnerai jamais »
Anaïs arrivait en sens inverse. Elle avait passé la journée en bateau, sur la Recouvrance, avec sa famille. Elle rentrait.
La Peugeot 208 lancée à pleine vitesse s’est déportée sur sa voie. Inévitable, le choc a pulvérisé la Twingo bleue de la victime. Elle n’a pas survécu. « J’étais juste dans ma bulle, tente d’expliquer le prévenu. J’ai pas fait attention à ma vitesse. Je suis désolé. Je ne me le pardonnerai jamais ».
« La réalité de sa mort me revient tous les jours sur la route. À tous les réveils, décrit la maman d’Anaïs. J’ai été amputée d’une partie de moi-même. Je veux qu’il mesure pleinement le désastre qu’il a provoqué. Vous avez tué ma fille ! La violence routière est un scandale et elle ne doit plus être tolérée ».
« Une sanction exemplaire »
Pour la famille d’Anaïs, dont sa fille de 13 ans aujourd’hui, Me Stéphanie Burel, pointe « une famille effondrée par le chagrin. Vous devez prendre une sanction exemplaire ». Pour le procureur Lennon, « les faits sont épouvantables ». « Pourquoi avoir conduit aussi vite ? Je n’ai pas entendu de réponse. Il était “dans sa bulle”, c’est un terme que je ne comprends pas ». Il requiert quatre ans de prison dont deux avec sursis simple, l’annulation du permis avec interdiction de le repasser pendant deux ans et demande un mandat de dépôt différé.
Me Elma Kraisnik souligne « la démesure des réquisitions ». « Il y a un tel décalage entre la faute et les conséquences. Sa reconnaissance des faits est pleine et entière. Ces réquisitions sonnent comme une vengeance », tonne-t-elle.
La décision a été mise en délibéré au 5 février.
