- Un pétrolier vénézuélien échappe depuis des semaines à la marine américaine.
- Les États-Unis envisagent désormais de détourner le navire.
- La Russie envoie un sous-marin et des navires de guerre pour la protéger et met en garde contre une « confrontation directe ».
Le pétrolier Bella 1 a parcouru un long chemin – et porte désormais un nom différent : en août 2025, le navire exploité par une entreprise turque est apparu sur des images satellite en Iran, où, selon la revue spécialisée “Marine Insight”, il était chargé de pétrole brut iranien.

De là, le Bella 1 s’est élancé à la fin de l’automne 2025 à travers le canal de Suez et la Méditerranée vers le Venezuela avec certains de ses transpondeurs éteints. Le navire sanctionné, qui ferait partie de la flotte fantôme de la Russie et de ses alliés, a été arrêté au large des côtes de ce pays sud-américain par le blocus imposé par le président américain Trump.
Signal de détresse et drapeau peint de la Russie
Afin d’éviter d’être arrêté par la marine américaine, le pétrolier a fait demi-tour et s’est enfui, après quoi les forces armées américaines ont commencé à le poursuivre. Le 21 décembre, l’équipage envoie des signaux de détresse. Quelques jours plus tard, ils ont peint un drapeau russe sur le côté du pétrolier de 333 mètres de long, censé symboliser le fait que le navire est sous la protection de la Russie. Le navire battait auparavant pavillon de la Guyane sud-américaine. D’autres navires sanctionnés naviguant actuellement dans les eaux vénézuéliennes portent désormais de nouveaux noms et battent pavillon russe.
Depuis le changement de nom et de drapeau, l’US Navy et le pétrolier, désormais baptisé Marinera, se livrent à un jeu du chat et de la souris qui mène le pétrolier et ses poursuivants vers le nord-ouest de l’Europe depuis fin 2025.
Le gouvernement américain veut désormais mettre un terme à cette poursuite et détourner le navire, comme le rapportent plusieurs sources bien informées à CNN. Le 3 janvier, la Marinera a été repérée dans l’Atlantique Nord, près des côtes britanniques. Outre les poursuivants américains, le navire est désormais également poursuivi par des avions de combat et des hélicoptères britanniques ainsi que par des avions de reconnaissance de l’OTAN.
Selon la Russie, « rien d’intéressant » à bord
La Russie, pour sa part, a envoyé un sous-marin et plusieurs navires pour escorter en toute sécurité le pétrolier rouillé sur son territoire. Selon les informations officielles du Kremlin, il n’y avait « rien d’intéressant à mentionner » à bord du pétrolier. Le Kremlin exige que Washington mette fin aux persécutions, faute de quoi il pourrait y avoir une « confrontation directe ».
Selon des sources internes, l’opération américaine visant à reprendre le navire pourrait avoir lieu cette semaine, mais le feu vert final manque actuellement. Les militaires britanniques et américains prévoient d’utiliser des hélicoptères Osprey pour déployer diverses forces spéciales sur le navire. Les hélicoptères à rotors pivotants étaient déjà utilisés lorsque les forces américaines ont pris le contrôle d’un pétrolier au large des côtes du Venezuela en décembre 2025.
Si le Marinera est effectivement capturé par les forces américaines, ce serait le troisième cas depuis septembre dans lequel les États-Unis prennent le contrôle militaire des pétroliers d’autres pays. Au total, 16 navires auraient brisé le blocus en utilisant de faux noms, en falsifiant leurs données de suivi ou en désactivant complètement leur détection de localisation.
Le Kremlin n’hésite pas à l’escalade
On ne sait pas exactement si et dans quelle mesure les forces russes qui escortent le pétrolier opposeront une résistance. Le navire est désormais officiellement immatriculé en Russie et, dans le passé, la Russie s’est déjà appuyée sur la dissuasion militaire pour protéger les navires de la « flotte fantôme » et a également accepté le risque d’escalade. Par exemple, en mai 2025, le Kremlin a envoyé un avion de combat pour empêcher la marine estonienne d’arrêter et d’inspecter un navire sans pavillon et sanctionné.

Benedikt Hollenstein (bho) travaille à 20 minutes depuis 2021. Il écrit pour le bureau de presse et y assume également des tâches de gestion quotidienne.

