Le 6 avril 2017, François Fillon, alors candidat à l’élection présidentielle, se fait enfariner à son arrivée à un meeting à Strasbourg. Le candidat avait à l’incident au tout début de son discours : « Je suis la cible d’un acharnement impitoyable. Ils essaient tout pour me décourager. J’espère au moins que la farine était française. »
François Hollande est également passé par la case « enfarinage ». Alors candidat socialiste à l’élection présidentielle de 2012, il a reçu un sac de farine le 1er février alors qu’il était en train de signer la charte de la Fondation Abbé-Pierre, porte de Versailles à Paris.
Après la farine, les œufs. Ici, ce n’est pas pour une recette mais pour viser le président du parti d’extrême droite « Reconquête ». Le 4 mai 2024, Éric Zemmour en visite au marché local d’Ajaccio, en Corse, dans le cadre d’un meeting électoral pour les prochaines élections européennes est visé par des jets d’œufs après avoir été traité de « facho ».
En 2021, plus exactement le 27 septembre, le président de la République lui-même, a été visé par un jet d’œuf. Emmanuel Macron était en visite dans un salon professionnel dédié à la restauration à Lyon lorsqu’il a reçu l’œuf qui ne s’est pas cassé.
Pas d’œuf ou de farine pour Marion Maréchal mais de la bière… Le 29 février 2024, celle qui était à l’époque vice-présidente du parti Reconquête, a été aspergée de bière lors de sa visite au 60e salon international de l’Agriculture au Parc des Expositions de la porte de Versailles à Paris.
L’image avait fait le tour des médias. En visite à Tain-l’Hermitage, dans le Drôme, le 8 juin 2021, Emmanuel Macron, reçoit, non pas un œuf ou de la bière mais une gifle alors qu’il s’approchait des barrières pour saluer le public. Damien T., l’auteur de la gifle, qui dit n’avoir « aucun regret », a depuis été condamné à dix-huit mois de prison dont quatre fermes.
Manuel Valls, ancien Premier ministre, a, lui aussi, reçu une gifle le 17 janvier 2017 durant la campagne présidentielle. En visite à Lamballe dans les Côtes-d’Armor, il reçoit une gifle d’un adolescent immédiatement maîtrisé par les gardes du corps et arrêté. Après coup, Manuel Valls déclare « ça va » avant de poursuivre sa visite.
S’il n’a pas reçu de gifle, Nicolas Sarkozy a également été agressé physiquement. Le 30 juin 2011, en visite à Brax en Haute-Garonne, le président de la République se fait saisir la veste et tirer par un homme lors d’un rassemblement. Il a ensuite poursuivi son chemin tandis que l’homme a été maîtrisé.
Le phénomène des politiques qui en prennent « plein la figure » n’est pas pour autant récent. Le 19 mars 2003, le président de l’époque de l’UMP (devenue Les Républicains), Alain Juppé s’est fait « entarter » en quittant l’institut d’études politiques d’Aix-en-Provence où il animait un débat avec les étudiants. Une organisation baptisée « AARRG » avait revendiqué cette action dans un communiqué.
En 1997 Jacques Delors qui avait reçu une tarte à la crème le 30 avril lors d’une conférence à l’IEP de Grenoble.

