
L’échec des Lions Indomptables en barrages de la Coupe du monde 2026 déclenche une tempête politique. Entre le président de la Fecafoot et le ministère des Sports, c’est désormais la guerre totale pour l’avenir du sélectionneur.
La défaite du Cameroun en demi-finales des barrages de la Coupe du monde 2026 a transformé une tension latente en crise ouverte. Alors que les Lions Indomptables voyaient leurs espoirs mondialistes s’envoler, une bataille d’un autre genre s’engage dans les coulisses : celle qui oppose Samuel Eto’o, président de la Fédération camerounaise de football (Fecafoot), au ministère des Sports.
Eto’o désigne son coupable
Pointé du doigt par une partie de l’opinion publique comme l’un des responsables du déclin des Lions Indomptables, Samuel Eto’o n’a pas tardé à contre-attaquer. Sa cible : Marc Brys, l’entraîneur belge avec qui il entretient des relations exécrables depuis sa nomination controversée.
Selon plusieurs sources locales, l’ancienne gloire du football camerounais travaillerait activement au limogeage du technicien. Plus encore, il souhaiterait l’écarter avant même la CAN 2025, prévue au Maroc. Pour Eto’o, la récente élimination ne serait que le résultat d’une collaboration devenue toxique et impossible à poursuivre.
Une succession déjà programmée ?
Afrik Foot révèle qu’Eto’o aurait demandé à la Direction technique nationale d’établir une liste de successeurs potentiels pour prendre en main l’équipe nationale. Le comité exécutif de la Fecafoot, sous sa direction, considérerait que Marc Brys ne fait déjà plus partie des plans d’avenir de la sélection.
Mais cette volonté d’imposer un changement d’entraîneur à quelques mois d’une compétition majeure ouvre un nouveau front diplomatique : celui qui oppose la Fecafoot au ministère des Sports, seul responsable des contrats et de la rémunération des sélectionneurs nationaux.
Le ministre bloque toute initiative d’Eto’o
Narcisse Mouelle Kombi, ministre des Sports, semble déterminé à faire barrage aux ambitions du président de la Fecafoot. Les relations entre les deux hommes ont atteint un point de rupture quasi total.
Le contexte est explosif : le ministre s’est déjà opposé publiquement à la candidature d’Eto’o pour un nouveau mandat à la tête de la fédération. Il a même récemment demandé l’interdiction de l’Assemblée générale élective prévue le 29 novembre, une réunion au cours de laquelle Eto’o se présente comme seul candidat autorisé après la disqualification de ses concurrents.
Un bras de fer qui dépasse le football
Le sort de Marc Brys n’est donc plus qu’un symbole dans une guerre d’influence beaucoup plus vaste. Derrière la question du sélectionneur se joue en réalité une bataille pour le contrôle du football camerounais : d’un côté, un ancien champion du monde au statut quasi intouchable ; de l’autre, un pouvoir politique qui refuse de céder son autorité.
Dans cette confrontation institutionnelle, le technicien belge fait figure de victime collatérale. Son avenir sur le banc des Lions Indomptables dépendra moins de ses résultats sportifs que de l’issue d’un affrontement politique dont personne ne connaît encore le dénouement.
Pendant ce temps, l’équipe nationale, elle, attend toujours de savoir qui la conduira au Maroc. Une incertitude qui pourrait coûter cher aux ambitions continentales du Cameroun.

