
De l’avis de tous, il s’agit « d’un couple toxique ». Début octobre, à Quimper, alors que cette femme de 52 ans, et son compagnon, 44 ans, avaient interdiction de se voir en raison de condamnations pour violences réciproques, ils se sont retrouvés. Ce soir-là, après une balade à Concarneau, le couple était rentré au domicile du quadragénaire, dans le quartier Ty Bos.
C’est là que, devant témoins, une scène de violences a éclaté. La femme était jugée ce mardi 28 octobre par le tribunal correctionnel de Quimper dans le cadre des comparutions immédiates. Frêle dans le box, la prévenue ne cherche pas à nier les faits.
« Elle a fini par s’arrêter quand elle m’a vu KO »
Interrogée par la présidente, elle explique : « Quand on est arrivés, il y avait d’autres hommes chez lui. Un a commencé à parler des LGBT. Il ne réagissait pas. Je lui ai mis une claque ». Elle accuse également son conjoint d’avoir des relations homosexuelles.
Elle poursuit : « Un autre m’a dit que j’avais qu’à mourir avec mon cancer. Il n’a pas réagi non plus. J’ai remis des coups, des claques, des coups de talon. Lui aussi m’a donné des coups. Il m’a arraché une bonne dose de cheveux ».
Œil qui suinte, fracture du sinus, de l’orbite… Vu par un médecin légiste, la victime se voit prescrire 15 jours d’interruption totale de travail. Il raconte avoir été « mordu au sexe ». « Elle a planté ses ongles dans mes yeux. Elle a pété un câble. Elle a fini par s’arrêter quand elle m’a vu KO. »
« Un acharnement particulier »
Selon les témoins, qui n’ont pas donné l’alerte, la scène aura duré deux heures avant qu’elle ne se calme. « On a deux caractères forts, se défend-elle. J’avais la tête en sang. Il m’a frappée ».
Pour la procureure, « il y a un acharnement particulier ». Et de requérir douze mois de prison ferme sans mandat de dépôt en raison de sa « problématique de santé ».
Me Ronan Garet, pour la défense, souligne « une reconnaissance de culpabilité ». « Son état de santé n’est pas une excuse, c’est une explication. » Il plaide pour un suivi de sa cliente en situation de fragilité dans le cadre d’un sursis probatoire. Elle est condamnée à douze mois de prison avec sursis probatoire. Elle devra se soigner et ne pas entrer en contact avec la victime.