Il était un peu plus de 21h ce soir-là à Logpom, un quartier populaire de Douala. Oscarine, une jeune femme dynamique qui rentrait tout juste de son travail, arrive devant le portail de sa maison. C’est alors qu’un homme, dans la trentaine, surgit de l’ombre et l’interpelle.
— « Pourquoi tu déranges les gens au quartier ? », lui lance-t-il sans ménagement.
Surprise par la question et visiblement déconcertée, Oscarine lui répond calmement :
— « Je viens à peine d’arriver ici… Qui est-ce que j’ai pu déranger ? »
L’homme prétend alors avoir faim et lui demande s’il est possible d’avoir à manger. Touchée, Oscarine lui promet d’aller voir s’il reste quelque chose à la maison. Mais à peine s’est-elle retournée que l’homme, qui dissimulait un récipient, lui lance en plein visage un liquide corrosif. C’était de l’acide.
Le cri d’horreur d’Oscarine alerte les voisins. Elle est aussitôt transportée à l’hôpital, le visage et le corps brûlés. Entre la vie et la mort, elle parvient à confier à sa mère qu’elle n’a de conflits avec personne… sauf peut-être avec le père de sa fille, qui l’aurait déjà menacée à plusieurs reprises.
Malheureusement, Oscarine n’a pas survécu à ses blessures. Une vie fauchée trop tôt, dans une scène d’une cruauté indicible.
L’insécurité frappe encore. Oscarine devient un nom de plus dans une longue liste de victimes, et une famille plongée dans le deuil réclame justice.