Le Mondial vient tout juste de passer à 48 équipes. Et déjà, la FIFA planche sur un format encore plus démesuré pour 2030. Gianni Infantino a confirmé que l’idée d’un tournoi à 64 nations sera étudiée sérieusement une fois la Coupe du monde 2026 terminée.
Un format XXL déjà à l’étude pour le centenaire
Le président de la FIFA n’a pas fermé la porte, loin de là. Dans un entretien accordé au média suisse Bluewin, repris par The Athletic, il a été clair sur la méthode : « Il (un tournoi à 64 équipes) est définitivement un sujet qui sera examiné et discuté au sein des commissions compétentes après cette Coupe du monde. », a déclaré Gianni Infantino, président de la FIFA.
L’argument avancé par le dirigeant suisso-italien tient en une phrase, presque un slogan : chaque nation mériterait sa chance de rêver du Mondial. « Chaque nation devrait pouvoir rêver de participer à la Coupe du monde. On voit bien que la qualité des équipes est extrêmement élevée, et elle continue d’augmenter, partout dans le monde. Si vous ne donnez pas leur chance aux petits pays de participer à la Coupe du monde, ils n’auront pas l’incitation nécessaire pour continuer à progresser. », a ajouté Gianni Infantino, président de la FIFA.
Gianni Infantino has said FIFA will examine expanding the World Cup by a further 16 nations to a 64-team tournament ahead of its next edition in 2030.
The 2030 tournament will be spread across six nations and three continents: Uruguay, Argentina and Paraguay are scheduled to… pic.twitter.com/oFupwuWRvn
— The Athletic | Football (@TheAthleticFC) July 12, 2026
Le 2026 comme argument de vente pour aller plus loin
Ce n’est pas un hasard si Infantino choisit ce moment pour relancer le débat. Le format à 48 équipes, inédit cette année aux États-Unis, au Canada et au Mexique, semble lui donner raison. Il l’a d’ailleurs qualifié de réussite totale, sans nuance : « 100 pour cent une réussite. », a résumé Gianni Infantino, président de la FIFA, au sujet du passage de 32 à 48 équipes.
Reste que l’idée ne fait pas l’unanimité, loin s’en faut. Le patron du football sud-américain, à l’origine du projet, y voit une occasion unique de célébrer le centenaire du tournoi. L’Uruguayen Ignacio Alonso avait d’ailleurs lancé cette proposition dès mars 2025, lors d’une réunion du Conseil de la FIFA. Depuis, la CONMEBOL n’a jamais lâché l’affaire — logique, quand on sait qu’un format élargi garantirait une place à ses dix membres, dont le Venezuela, seul pays du continent à n’avoir jamais disputé de Mondial.
Un tournoi déjà éclaté entre six pays et trois continents
L’édition 2030 s’annonce de toute façon hors norme, quel que soit le nombre d’équipes retenu. Elle se jouera dans six pays répartis sur trois continents : l’Uruguay, l’Argentine et le Paraguay accueilleront chacun un match d’ouverture, tandis que le Maroc, le Portugal et l’Espagne se partageront l’essentiel des rencontres. Passer à 64 équipes reviendrait à disputer 128 matchs, soit le double du format qui a prévalu de 1998 à 2022.
L’opposition, elle, ne se cache pas. Le président de l’UEFA, Aleksander Ceferin, avait déjà tranché sur le sujet quelques mois plus tôt, qualifiant la proposition de « bad idea » — une « mauvaise idée », donc, sans détour. Du côté nord-américain, le son de cloche n’est guère plus enthousiaste. Victor Montagliani, président de la CONCACAF, a lui aussi exprimé ses réserves, la jugeant « pas vraiment une bonne idée ».
Même certains acteurs directement concernés par le tournoi actuel s’inquiètent déjà des conséquences d’un nouvel agrandissement. Carlos Queiroz, sélectionneur du Ghana, a critiqué en plein Mondial 2026 le fait que l’augmentation du nombre d’équipes ait, selon lui, dévalorisé les phases qualificatives sur son continent. Un argument qui risque de peser lourd dans les débats à venir, entre volonté d’ouverture et crainte de diluer le niveau du plus grand tournoi de football au monde.