Trois adolescents en trois jours. Trois drames liés à la canicule et à la baignade sauvage en Île-de-France. Le dernier en date s’est produit ce mercredi après-midi à Mantes-la-Jolie, dans les Yvelines : un garçon de 14 ans a perdu la vie en se noyant dans la Seine.
Ce qui s’est passé quartier des Bords-de-Seine
Les faits remontent à environ 16h30, dans le quartier des Bords-de-Seine, à deux pas du pont qui relie Mantes-la-Jolie à Limay. L’adolescent se baignait dans le fleuve quand le drame a basculé. Deux de ses camarades ont tenté de le secourir. Sans succès.
Le corps du garçon a été retrouvé une heure après sa disparition. Les pompiers et les médecins urgentistes ont tenté de le réanimer longuement. En vain. L’adolescent a été déclaré décédé sur place, sous les yeux des voisins qui avaient suivi les opérations de secours depuis les berges. Les deux amis qui avaient essayé de l’aider ont été repêchés et pris en charge par les pompiers, indemnes.
Selon le centre opérationnel départemental d’incendie et de secours des Yvelines, le Codis 78, la thèse de la baignade qui a viré au drame est pour l’instant privilégiée par l’enquête, sans être encore confirmée officiellement.
Trois noyades en trois jours : la canicule fait des ravages
Ce drame ne survient pas dans un vide. La semaine a été marquée par une chaleur écrasante sur toute la région parisienne, et les faits s’enchaînent à un rythme qui inquiète.
Mardi 26 mai, un jeune de 16 ans a perdu la vie en se noyant dans l’un des plans d’eau du parc interdépartemental des sports de Choisy-le-Roi, dans le Val-de-Marne. La veille, lundi, un adolescent de 17 ans est mort après avoir plongé dans la Marne à Noisiel, en Seine-et-Marne.
Trois adolescents. Trois cours d’eau différents. Trois familles dévastées en l’espace de 72 heures.
La région de Mantes-la-Jolie n’est pas étrangère à ce type de drame. Il y a quelques années, un homme de 25 ans s’était noyé à quelques centaines de mètres seulement du lieu du drame de ce mercredi, dans les mêmes eaux de la Seine où il cherchait simplement à se rafraîchir.
« La Seine, ce n’est pas la piscine » : l’avertissement des pompiers
Face à cette série noire, les autorités avaient pourtant multiplié les alertes ces derniers jours. Des messages de prévention, des rappels aux parents, des communications sur les dangers de la baignade en eaux libres. Manifestement insuffisants pour enrayer l’attrait des berges quand le thermomètre s’emballe.
Un pompier, désabusé, résume la situation avec une franchise qui dit tout : « C’est toujours un drame de repêcher un gamin venu s’amuser avec des amis. Il faut le rappeler sans cesse : la Seine, ce n’est pas la piscine. C’est dangereux, même pour un nageur confirmé : il y a du courant, des algues, des péniches. Ce n’est pas un hasard si les sportifs s’entraînent en piscine ! »
Ce que beaucoup ignorent, ou préfèrent ignorer par temps de forte chaleur, c’est que la Seine et la Marne sont des fleuves complexes. Le courant y est parfois imperceptible depuis la rive, mais violent à quelques mètres du bord. Les algues forment des pièges invisibles sous la surface. Et les péniches, dont le passage crée des remous puissants et soudains, ne ralentissent pas pour autant. La région de Mantes-la-Jolie compte par ailleurs de nombreux spots de baignade sauvage bien connus des jeunes du quartier, ce qui rend d’autant plus difficile le travail de prévention des autorités locales.