Robert F. Kennedy Jr et ses serpents : un coup de comm’ qui ne trompe personne

Ange Poireau
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Robert F. Kennedy Jr. a posté une vidéo le montrant manipuler des serpents à mains nues — et se faire mordre. Derrière l’image du ministre courageux, une mise en scène politique parfaitement calculée.

La scène dure quelques secondes, mais elle a fait le tour des réseaux. On y voit le secrétaire américain à la Santé, Robert F. Kennedy Jr., empoigner deux Black Racers — des couleuvres noires nord-américaines, inoffensives mais capables de mordre quand on les dérange. L’une d’elles lui montre d’ailleurs les dents. En fond sonore, les cris d’effroi de son épouse, l’actrice Cheryl Hines.

Rien de tout cela n’est vraiment improvisé.

RFK Jr. traverse une période difficile. Le Center for Medicare and Medicaid Services (CMS) est au cœur d’une controverse autour de la gestion des cas d’hantavirus, et son directeur, le Dr Mehmet Oz, se retrouve dans le viseur des critiques. Résultat : la vidéo a été tournée précisément devant la résidence floridienne du Dr Oz, à Palm Beach.

La métaphore est grosse, mais elle fonctionne

Soyons honnêtes : c’est du storytelling politique assez basique. Filmer des serpents devant la maison d’un adversaire, c’est un message sans ambiguïté à ceux qui savent lire entre les lignes. On image sans peine la réunion de comm’ où quelqu’un a proposé l’idée avec enthousiasme.

Ce qui frappe surtout, c’est l’efficacité brute de l’opération. La vidéo a été massivement relayée, principalement par des comptes favorables à l’administration Trump. En quelques heures, RFK Jr. était redevenu le sujet du jour — ce qui, dans le contexte actuel, représente déjà une victoire.

Racine n’a probablement pas été consulté pour l’occasion. Mais l’effet Andromaque était là.

Un rapport aux animaux qui va bien au-delà du buzz

Ce n’est pas la première fois que Kennedy junior fait parler de lui à travers le règne animal. Dans la biographie RFK Jr. : The Fall and Rise, rédigée par la journaliste du New York Post Isabel Vincent, on apprend que l’homme, qui rêvait de devenir vétérinaire dans son enfance, n’avait pas hésité à disséquer le pénis d’un raton laveur à des fins d’étude personnelle.

On peut débattre longtemps du profil psychologique que cela dessine. Ce qui est certain, c’est que Kennedy Junior cultive avec soin une image de personnage hors-norme, imperméable aux conventions, à mi-chemin entre le militant écologiste et le provocateur assumé. Les serpents manipulés à mains nues s’inscrivent parfaitement dans cette construction identitaire — et dans une Amérique où l’image prime souvent sur le fond, ce type de vidéo produit exactement l’effet escompté.

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