Le Mexique sort son « canal sans eau » : coup d’éclat ou mirage ferroviaire ?

Écrit par
François Xavier
Journaliste – Actualité People François Xavier couvre l'actualité des personnalités publiques, du cinéma, de la télévision et du show-business. Il s'intéresse particulièrement aux grandes tendances médiatiques...
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Début avril, le Mexique a célébré avec tambours et trompettes ce qu’il considère déjà comme une révolution logistique : la toute première opération de transport de marchandises via son propre « canal de Panama sans eau ». Son nom ? Le corridor interocéanique de l’isthme de Tehuantepec (CIIT). Un nom à coucher dehors, mais qui pourrait bien s’imposer dans les manuels de géopolitique commerciale s’il tient ses promesses.

Le projet, sur les rails depuis longtemps, a connu ses premières expéditions en juillet 2024. Mais le grand coup d’éclat est survenu vendredi dernier : deux cargaisons de voitures Hyundai, soit 900 véhicules, ont traversé le corridor en une semaine chrono. Une performance qui a enflammé la presse mexicaine, La Jornada en tête, vantant déjà une « alternative efficace au canal de Panama ».

Un train peut-il défier un titan maritime ?

Attention toutefois à ne pas comparer l’incomparable. Le CIIT est un corridor ferroviaire de 302 km, reliant Coatzacoalcos (Golfe du Mexique) à Salina Cruz (côte Pacifique). Sa capacité maximale ? 1,4 million de conteneurs de 20 pieds par an. Cela représente à peine 1/8e du trafic du canal de Panama, qui en absorbe plus de 8 millions par an. Et là où un seul navire panaméen peut embarquer jusqu’à 15.000 conteneurs, un train intermodal plafonne à 425 unités.

Autrement dit : le mastodonte maritime panaméen peut dormir tranquille, du moins pour l’instant.

Vitesse, flexibilité et géopolitique

Mais le Mexique n’a pas dit son dernier mot. Car si le corridor n’a pas la capacité du canal, il a la rapidité : sept jours de transit pour les Hyundai, contre douze via Panama, souvent engorgé. De quoi séduire les entreprises en quête d’alternatives plus souples. C’est justement ce que martèle la présidente mexicaine Claudia Sheinbaum, qui voit dans le CIIT un complément stratégique et non un rival frontal.

Au-delà du commerce, c’est aussi un levier de développement pour le sud du Mexique, longtemps négligé. L’idée ? Attirer les investissements, créer des emplois et désenclaver cette région rurale. Le tout dans un contexte géopolitique tendu, où les droits de douane américains chamboulent les cartes du commerce mondial.

Le Panama doit-il trembler ?

Pas encore. Mais les appétits grandissent autour de son canal. Le Nicaragua rêve depuis 2013 d’un canal concurrent (projet gelé, mais pas enterré). Le Honduras et la Colombie lorgnent eux aussi sur des « canaux secs ». Le monopole du Panama, si confortable depuis un siècle, est désormais sous pression.

Le message du Mexique est clair : l’Amérique centrale et ses routes commerciales ne sont plus l’apanage d’un seul pays. Le train mexicain est lancé. Reste à savoir s’il pourra tenir la cadence face aux géants des mers.

 

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Journaliste – Actualité People François Xavier couvre l'actualité des personnalités publiques, du cinéma, de la télévision et du show-business. Il s'intéresse particulièrement aux grandes tendances médiatiques ainsi qu'aux événements qui alimentent les conversations sur les plateformes numériques. Son approche privilégie une information précise, vérifiée et rédigée dans un style clair afin de permettre aux lecteurs de comprendre rapidement les faits essentiels. Domaines d'expertise : Actualité people, médias, culture, célébrités, divertissement.
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