Le tournoi le plus grand de l’histoire du football accumule les incidents sécuritaires. Ce lundi, le FBI a annoncé l’arrestation d’un immigrant en situation irrégulière qui pilotait un drone au-dessus d’une zone protégée à Atlanta. Vingt et un appareils ont été saisis depuis le début de la compétition.
Le FBI a confirmé l’arrestation de Lorenzo Rojas-Martinez, un ressortissant mexicain en situation irrégulière, après qu’il a été observé en train de piloter un drone au-dessus du Centennial Olympic Park à Atlanta. Le parc accueille les événements officiels de la Coupe du monde dans la ville, où l’Espagne a concédé un match nul contre le Cap-Vert lors de la première journée de compétition lundi.
Selon la plainte criminelle, les faits remontent au 12 juin, soit un jour après le coup d’envoi officiel du tournoi, pendant un festival de supporters. Rojas-Martinez se trouvait dans un parking voisin et filmait l’événement avec son appareil. Après vérification de son identité, les agents ont établi qu’il se trouvait illégalement sur le sol américain après avoir déjà été expulsé deux fois. Il avait en outre un antécédent de condamnation pour trafic de cocaïne.
Il est désormais poursuivi pour pilotage de drone en espace aérien restreint et pour réentrée illégale sur le territoire américain après deux expulsions préalables.
21 drones saisis, des amendes pouvant aller jusqu’à 91 000 euros
L’affaire Rojas-Martinez n’est pas isolée. La branche atlantaise du FBI a saisi en tout 21 drones au cours de l’opération, tous en violation de l’interdiction stricte sur les véhicules aériens non autorisés dans les zones liées à la compétition.
Theodore S. Hertzberg, procureur américain, a commenté l’ensemble de l’opération : « Les opérations de drones non autorisées dans un espace aérien restreint présentent un risque sérieux pour la sécurité publique, en particulier lors d’événements internationaux majeurs tels que la Coupe du monde FIFA. Cette action coercitive reflète les efforts coordonnés de nos partenaires fédéraux et locaux pour détecter, perturber et dissuader les activités illégales qui pourraient mettre en danger les spectateurs, les athlètes et les premiers intervenants. »
Les contrevenants risquent des amendes pouvant atteindre environ 91 000 euros, ainsi que des poursuites fédérales. Paradoxalement, le FBI déploie lui-même ses propres drones au-dessus des sites du tournoi, équipés de reconnaissance faciale et de lecture de plaques d’immatriculation, pour des missions antiterroristes.
Un groupe de hackers pro-Palestine prétend avoir piraté les drones du FBI
La semaine dernière, une nouvelle dimension s’est ajoutée à ces inquiétudes. Handala, une organisation cybercriminelle pro-palestinienne considérée comme une menace sérieuse par les analystes, a affirmé avoir infiltré les drones du FBI et menacé de s’en prendre à la Coupe du monde. Selon le SITE Intelligence Group, qui surveille les mouvements djihadistes, le groupe aurait prétendu avoir accès à « chaque image et chaque suspect » pendant des mois avant la compétition.
Le message diffusé par Handala est explicite : « Renforcez la sécurité de votre Coupe du monde, certaines équipes ne nous plaisent pas du tout. N’oubliez pas : les drones FPV sont partout ; vous ne savez jamais quand l’un d’eux pourrait se retrouver juste devant le bus de votre équipe. » SITE a toutefois contesté la véracité des preuves publiées par le groupe.
La menace s’inscrit dans un contexte de tension plus large entre l’Iran et les États-Unis, après les frappes américano-israéliennes sur Téhéran en février, qui ont ravivé les risques de cyberattaques d’acteurs iraniens selon le département de la Justice.
Un tournoi sous haute tension sécuritaire et politique
Au-delà des drones, la Coupe du monde 2026 accumule les controverses depuis son coup d’envoi. Problèmes de visa, chaos à l’entrée du territoire, violence en marge des matchs, questions politiques et polémiques tarifaires : le tournoi ressemble par moments à un gigantesque chantier diplomatique autant qu’à une compétition sportive.
L’affaire la plus emblématique reste celle de l’arbitre somalien Omar Artan, considéré comme l’un des meilleurs officiant du continent africain. Pourtant sélectionné par la FIFA pour le tournoi, il a été refoulé à l’aéroport de Miami par les autorités américaines, qui ont invoqué sa présumée « association avec des membres présumés d’organisations terroristes ». Il a finalement été retiré de la liste des arbitres de la compétition. Les supporters, journalistes et officiels qui ont rencontré des difficultés à obtenir leurs visas ou à entrer aux États-Unis constituent une autre facette de ce tableau.
