Une image choc circulant sur les réseaux sociaux depuis dimanche a provoqué une vague d’indignation internationale. L’armée israélienne a dû confirmer l’authenticité de la photo et ouvrir une enquête.
Une photographie. Un soldat. Une masse. Et une statue de Jésus-Christ à terre. L’image, diffusée sur les réseaux sociaux depuis dimanche 19 avril, a rapidement fait le tour du monde et contraint l’armée israélienne à réagir en urgence. Lundi 20 avril, peu après minuit, Tsahal a confirmé que le militaire photographié faisait bien partie de ses rangs, en mission dans le sud du Liban.
Ce que montre la photo
Sur le cliché, on voit un soldat israélien brandir une masse au-dessus de la tête d’une statue de Jésus crucifié, tombée de sa croix. D’après plusieurs médias arabes, la scène se déroule dans le village chrétien de Debl, dans le sud du Liban, à proximité de la frontière avec Israël. La municipalité du village a confirmé à l’AFP que la statue se trouvait bien sur place, sans pouvoir préciser si elle avait été endommagée.
La photo a immédiatement circulé massivement, suscitant une indignation particulièrement vive compte tenu du caractère religieux du symbole visé et du contexte de tension extrême dans la région.
Tsahal confirme, ouvre une enquête et promet “la plus grande sévérité”
Après une première phase de vérification annoncée dimanche par le porte-parole militaire Nadav Shoshani, l’armée israélienne a publié lundi une déclaration officielle sur X.
“À l’issue d’un premier examen […] il a été établi que cette photographie montre un soldat des forces israéliennes en mission dans le sud du Liban. Des mesures appropriées seront prises à l’encontre des personnes impliquées, conformément aux conclusions de l’enquête.”
Tsahal a également tenu à préciser sa position sur les sites religieux, affirmant n’avoir “aucune intention de porter atteinte aux infrastructures civiles, y compris aux édifices religieux ou aux symboles religieux”, et assurant “aider la communauté à remettre la statue en place”.
Le ministre des Affaires étrangères présente des excuses publiques
Le ministre israélien des Affaires étrangères Gideon Saar est monté au créneau personnellement pour condamner l’incident, dans des termes inhabituellement forts pour un responsable de ce niveau.
“Je suis convaincu que des mesures sévères nécessaires seront prises contre les auteurs de cet acte ignoble. Nous présentons nos excuses pour cet incident et à tous les chrétiens dont les sentiments ont été blessés.”
Il a par ailleurs qualifié l’acte de “honteux et dégradant”, sans ambiguïté sur la gravité avec laquelle le gouvernement israélien prend la situation.
Un cessez-le-feu fragile sur fond de violations signalées
La controverse éclate dans un contexte particulièrement tendu. Israël contrôle plusieurs secteurs du sud du Liban, fief traditionnel du Hezbollah, depuis que le mouvement pro-iranien a attaqué Israël le 2 mars en représailles à l’offensive israélo-américaine contre l’Iran. Un cessez-le-feu est entré en vigueur vendredi 17 avril, mais des violations ont déjà été dénoncées des deux côtés.
Pendant ce temps, selon l’agence de presse officielle libanaise ANI, les troupes israéliennes sont restées dans la zone et ont procédé dimanche à la démolition de nouvelles maisons. Une réalité de terrain qui contraste avec les déclarations officielles sur le respect des infrastructures civiles.
L’enquête ouverte par Tsahal est en cours. Ses conclusions, et les sanctions annoncées, sont très attendues au-delà des frontières israéliennes.
