Deux ans après la disparition du petit Émile, l’enquête avance prudemment. La campagne de prélèvements ADN menée auprès des personnes présentes au Haut-Vernet le jour de sa mort est officiellement terminée. Mais le plus difficile reste à faire.
Depuis février dernier, la gendarmerie a convoqué habitants, touristes et visiteurs de passage qui se trouvaient au Haut-Vernet le 8 juillet 2023. Les prélèvements ont eu lieu à la brigade de Seyne-les-Alpes, mais aussi partout en France pour ceux qui avaient depuis quitté la région.
Au total, 106 personnes ont fourni leur ADN, selon des sources proches du dossier citées par RTL et BFM tv. Ces échantillons vont maintenant être analysés au laboratoire d’hématologie médico-légale de Bordeaux. C’est là que tout va se jouer.
Deux traces mystérieuses sur les restes d’Émile
Le nœud du problème, c’est ce que les enquêteurs ont retrouvé sur les ossements et les chaussures du petit garçon. Deux traces d’ADN humain, étrangères à celui d’Émile et à celui de sa famille, ont été identifiées. Un ADN inconnu. Potentiellement celui d’un suspect.
Mais voilà le hic. Ces traces sont partielles et dégradées. Elles ne possèdent pas tous leurs marqueurs génétiques. Or pour qu’une comparaison soit scientifiquement exploitable, il faut retrouver au minimum une dizaine de caractéristiques distinctes. Pour une comparaison avec le fichier automatisé des empreintes génétiques, le FNAEG, ce seuil monte même à 12.
Résultat, le champ des personnes susceptibles de “matcher” est considérablement élargi. La comparaison s’annonce donc délicate, voire incertaine.
Ce qui ne fait plus de doute aux yeux des juges d’instruction, c’est l’intervention d’un tiers. Les expertises menées sur la dépouille d’Émile ont établi que son corps a séjourné dans au moins deux endroits distincts avant d’être retrouvé au bord du sentier de montagne.
Il y avait d’abord ce sentier. Et avant cela, un autre lieu, à l’abri de l’humidité. Probablement une grange, au vu des déjections d’animaux relevées sur les ossements. Quelqu’un a donc déplacé le corps. Qui, et pourquoi, reste la question centrale de cette affaire.
Accident ou homicide, le mystère reste entier
La question de la cause du décès n’est toujours pas tranchée. Le crâne d’Émile présente une déformation compatible avec un choc violent. Mais son origine ne peut pas être déterminée avec certitude. Un accident et un homicide volontaire restent deux hypothèses également ouvertes à ce stade.
Les gendarmes espèrent que l’ADN permettra d’identifier la personne qui a déplacé le corps. Ce serait une avancée majeure dans un dossier qui tourne depuis bientôt deux ans.
Si cette première campagne ne donne rien de concluant, l’hypothèse d’une nouvelle série de prélèvements n’est pas écartée. Les enquêteurs gardent toutes les options ouvertes.
L’affaire du petit Émile reste l’une des énigmes judiciaires les plus douloureuses de ces dernières années en France. Et pour l’heure, les réponses tardent encore à venir.
