Iran-États-Unis : Trump menace de « tout faire sauter et de prendre le pétrole » en fixant un ultimatum au compte à rebours

Yvan Pedri
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La rhétorique de Donald Trump vis-à-vis de l’Iran a franchi un nouveau palier ce dimanche. Lors d’un appel téléphonique avec le correspondant en chef de Fox News, Trey Yingst, le président américain a lâché une menace sans ambiguïté : « S’ils ne parviennent pas à un accord — et rapidement — j’envisage de tout faire sauter et de prendre le contrôle du pétrole. » Une déclaration qui intervient dans un contexte déjà explosif, alors que les frappes américano-israéliennes ont détruit le plus grand pont d’Iran quelques jours plus tôt, faisant huit morts.

Quelques heures avant cet appel, Trump avait déjà fait monter la tension sur son réseau Truth Social, dans un message publié le matin du dimanche de Pâques au ton pour le moins inhabituel. Il y écrivait : « Mardi sera le Jour des Centrales électriques, et le Jour du Pont, le tout en un seul, en Iran. Il n’y aura rien de pareil !!! Ouvrez ce p**ain de Détroit, bandes de fous furieux, ou vous vivrez en Enfer — REGARDEZ BIEN ! Louange à Allah. Le Président DONALD J. TRUMP. » Il a ensuite précisé, dans un second post publié en début d’après-midi, qu’il donnait à l’Iran jusqu’au mardi soir à 20h pour accepter les termes américains.

Le contexte est celui d’une guerre ouverte déclenchée le 28 février, depuis laquelle l’Iran a fermé le détroit d’Ormuz, artère maritime vitale pour le commerce mondial, et promis d’en bloquer l’accès aux navires « ennemis ». Trump a averti que les centrales électriques iraniennes seraient les prochaines cibles si le détroit n’est pas rouvert.

Une opération de sauvetage digne d’un film de guerre

À ce déchaînement verbal répondait en parallèle une opération militaire d’une rare complexité. Dans les premières heures du vendredi, un F-15 américain avait été abattu au-dessus d’une zone reculée d’Iran. Le pilote avait pu s’éjecter et fut récupéré le jour même par deux hélicoptères militaires. Mais le second membre de l’équipage, un colonel haut gradé décrit par Trump comme « très respecté », était resté introuvable.

Pendant près de 36 heures, cet officier a erré dans les montagnes iraniennes, blessé lors de son éjection, armé d’un simple pistolet, traqué par les forces iraniennes qui offraient une prime de 60 000 dollars — environ 55 500 euros — pour sa capture. À un moment, il a atteint une altitude d’environ 2 100 mètres pour échapper à ses poursuivants. La CIA a contribué à semer la confusion dans les rangs iraniens en faisant circuler une fausse information selon laquelle le colonel avait déjà été localisé et était en cours d’exfiltration. Des drones Reaper assuraient une couverture aérienne permanente au-dessus de lui.

L’extraction finale a mobilisé des centaines de membres des forces spéciales, plusieurs dizaines d’avions et d’hélicoptères. Un accrochage au sol a éclaté au moment où les troupes iraniennes se rapprochaient du site de récupération. Trois des cinq appareils de sauvetage ont quitté le territoire iranien vers le Koweït, mais deux avions se sont retrouvés immobilisés sur une piste éloignée et ont dû être détruits par les forces américaines pour éviter qu’ils ne tombent aux mains des Gardiens de la Révolution. Un hélicoptère MH-6 Little Bird, endommagé pendant l’opération, a subi le même sort. L’opération s’est achevée peu avant minuit. Les médias iraniens ont fait état de cinq morts lors des frappes conduites pendant le sauvetage.

Trump en mode triomphe, l’Iran en mode riposte

Trump n’a pas tardé à célébrer l’opération comme un exploit historique. « Ce brave guerrier était derrière les lignes ennemies dans les montagnes traîtresses d’Iran, traqué par nos ennemis, qui se rapprochaient de plus en plus d’heure en heure », a-t-il écrit sur Truth Social. Il a qualifié l’ensemble de la mission de « l’une des opérations de recherche et de sauvetage les plus audacieuses de l’histoire des États-Unis », ajoutant que les deux pilotes avaient été récupérés « sans un seul Américain tué, ni même blessé. »

Il a également révélé que le sauvetage du pilote, intervenu discrètement dans les heures suivant le crash, avait délibérément été gardé secret pour ne pas « compromettre notre deuxième opération de sauvetage. »

De son côté, l’Iran conteste la version américaine sur plusieurs points. Les médias d’État iraniens affirment que les Gardiens de la Révolution et les forces de police ont détruit un C-130 militaire américain qui avait pénétré dans leur espace aérien. Washington indique de son côté que l’appareil s’est simplement enlisé dans le sable sur la piste d’atterrissage, nécessitant le déploiement de trois appareils supplémentaires pour finaliser l’évacuation. Les sources iraniennes ajoutent que des centaines de soldats et de membres des Bassidjis ayant tenté d’interférer avec l’opération ont été « neutralisés » par les forces spéciales américaines.

À l’heure où ces lignes sont écrites, le compte à rebours fixé par Trump court toujours. Mardi soir, à 20h, pourrait marquer un nouveau tournant dans ce conflit qui s’emballe à une vitesse alarmante.

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