Face à un parc de voitures à moteur thermique qui vieillit – presque treize ans d’âge en moyenne contre six ans dans les années 2000 –, à des coûts de réparation qui s’envolent et à l’augmentation du prix à l’achat des voitures, les moteurs reconditionnés tentent de plus en plus d’automobilistes. Un échange standard, qui permet d’éviter de conduire sa vieille voiture à la casse… Et de perdre des milliers d’euros dans un nouveau véhicule dont la motorisation, souvent électrique, reste encore inaccessible.
L’échange standard de moteur reconditionné n’est pas une pratique nouvelle, bien au contraire. Mais avec les difficultés actuelles et le besoin de recycler plutôt que de jeter et consommer, en limitant la fabrication de moteurs neufs et par là même l’extraction de matières premières, c’est devenu tendance. Et cela pourrait bien marquer, à la surprise générale des constructeurs, la prochaine grande rupture automobile selon les spécialistes. Une évidence presque : les véhicules vieillissent plus vite qu’ils ne sont remplacés.
Redonner une seconde vie à sa voiture
Redonner une seconde vie à sa voiture avec un moteur reconditionné serait donc « la bonne stratégie pour assurer la transition du moteur post-thermique », avance Distrimotor, une entreprise spécialisée dans l’échange standard de moteurs recyclés et refaits à neuf. Car les chiffres sont là : sur les 39 millions du parc automobile en France en 2025, plus de 89 % reposent encore sur des motorisations thermiques, essence ou diesel, et cela représente même 96 % des véhicules si l’on compte les moteurs hybrides.
« Cela s’est vraiment développé ces dernières années, et encore plus depuis la crise du Covid. On connaît une forte montée en puissance, de l’ordre de 15 % des demandes, se félicite Alexandre Harbin, le fondateur de Distrimotor. La société est dans une mouvance plutôt écologique à laquelle notre activité répond. »
Pas question de booster son moteur
L’entreprise, dont le siège est Annecy (Haute-Savoie) travaille avec des fabricants situés un peu partout en Europe. « Des industriels, précise le chef d’entreprise. Ce n’est pas de l’artisanat, la plupart sont d’ailleurs pour la plupart des sous-traitants des constructeurs. Nous fournissons des moteurs reconditionnés aux garagistes et des boîtes de vitesses pour tous types de véhicules, avec une gamme très très large qui va du plus petit quatre cylindres, une Peugeot 106 par exemple, jusqu’à un moteur V8 ou autre », précise Alexandre Harbin.
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Pour le particulier, quel intérêt ? « C’est le prix, tranche encore Alexandre Harbin. Pour un échange standard, on est à peu près moitié moins cher par rapport au prix constructeur. C’est normal, nous sommes uniquement sur Internet et nous n’avons pas les mêmes charges que les constructeurs. » En revanche, pas question d’espérer booster sa vieille 205 GTI avec un moteur plus puissant, ou de faire un peu de tuning. « Nous vendons des pièces strictement à l’identique, souligne Alexandre Harbin, comme à l’origine et conforme à la carte grise ».