
L’arnaque est désormais bien connue mais elle a parfaitement fonctionné concernant cette habitante de Larmor-Baden âgée de 74 ans. Le 8 mai 2025, elle reçoit l’appel de quelqu’un qui se présente comme un conseiller bancaire et qui l’informe qu’elle a été victime de virements frauduleux. Cet homme lui dit qu’elle doit confier ses cartes bancaires afin de faire la déclaration de fraude en ligne et qu’un coursier va passer les chercher.
Un peu plus tard, une jeune femme se présente et récupère les moyens de paiement dont la victime a également donné les codes par téléphone. Cette jeune femme, 20 ans, domiciliée à Elven, est celle qui a comparu, jeudi 26 mars, devant le tribunal correctionnel de Vannes. Elle est poursuivie pour escroquerie après avoir retiré 2 400 € à un distributeur avec les cartes volées et réglé deux smartphones dans un magasin de Vannes pour un montant de 2 783 €.
100 000 € de bijoux dans la nature
Mais c’est bien plus qu’a perdu l’habitante de Larmor-Baden. Car ce même faux conseiller bancaire avait également réussi à la persuader de confier ses bijoux à un second coursier, parce que soi-disant la commune était la cible de cambrioleurs. Ce qu’elle a fait. Ces bijoux, d’une valeur de 100 000 €, n’ont pas été retrouvés, pas plus que ce coursier. « C’est la première fois que je faisais une escroquerie comme ça », s’est expliquée la prévenue.
La septuagénaire a témoigné de sa « honte » de s’être fait ainsi arnaquer. « Sans ces petites mains, ce type d’escroquerie ne prospérerait pas. C’est en effet un type de dossiers que l’on voit de plus en plus », a dénoncé le vice-procureur Sylvain Darchy. Il a requis un an de prison avec sursis et 2 500 € d’amende.
L’avocate de la jeune fille, Me Morgane Le Fellic-Onno, a demandé au tribunal « de tenir compte de son jeune âge et d’un parcours marqué par des carences éducatives et affectives ». Le tribunal a suivi intégralement les réquisitions du parquet en condamnant la prévenue à un an de prison avec sursis et 2 500 € d’amende. Les magistrats n’ont pas accédé à la demande de son avocate qui avait demandé que la peine ne soit pas inscrite à son casier judiciaire.