Escroquerie en Bretagne : l’entrepreneur aux fausses rénovations condamné à la prison ferme
Il promettait des aides de l’État, encaissait les chèques et disparaissait. Pendant deux ans, un artisan breton a arnaqué des dizaines de particuliers, souvent âgés et vulnérables. La justice vient de rendre son verdict.
Un démarcheur sans scrupules
Camel Mimoune, 46 ans, dirigeait la société Breizh Rénovation, basée à Taden, dans les Côtes-d’Armor. Entre 2023 et 2025, accompagné de deux complices âgés de 32 et 41 ans, il a sillonné toute la Bretagne à la recherche de proies faciles.
Sa méthode était rodée. Il ciblait d’anciens clients, de préférence des personnes âgées ou fragilisées, chez qui il avait déjà travaillé via une société précédente, aujourd’hui en liquidation judiciaire. Il leur faisait croire qu’ils pouvaient toucher des aides de l’État ou des remboursements via leur assurance décennale, à condition d’engager de nouveaux travaux. Une promesse en or. Sauf qu’elle était fausse.
Les devis étaient signés dans la foulée. Les chèques d’acompte encaissés immédiatement, sans respecter le délai légal de rétractation. Et les travaux ? Ils n’étaient réalisés que de manière partielle, quand ils l’étaient.
L’argent planqué, la famille impliquée
Une partie des chèques encaissés était reversée directement à ses deux acolytes. Le reste ? Mimoune le déposait sur les comptes bancaires de membres de sa famille pour échapper au fisc. Un système de blanchiment artisanal, mais efficace pendant un temps.
Au moment du procès, il était déjà en détention dans le cadre d’une autre affaire. À l’audience du 15 janvier dernier, devant le tribunal de Saint-Malo, il a partiellement reconnu les faits. Il a toutefois nié les abus de faiblesse. Pour expliquer ses agissements, il a invoqué son addiction aux stupéfiants et ses besoins financiers qui en découlaient.
Son complice quadragénaire, lui, a contesté les faits, se présentant comme une victime du premier. Le troisième prévenu ne s’est même pas présenté à l’audience.
Des peines de prison ferme pour les trois hommes
Le jugement est tombé le 12 février. Camel Mimoune a été condamné à quatre ans de prison dont un an avec sursis probatoire de deux ans, assortis d’un mandat de dépôt. La révocation d’un sursis antérieur de neuf mois a également été prononcée. Il lui est interdit d’émettre des chèques pendant cinq ans. Surtout, il ne pourra plus jamais diriger une société. Sa condamnation doit être affichée et diffusée publiquement. Il a toutefois été relaxé pour certains chefs d’abus de faiblesse.
Ses deux complices s’en sortent avec respectivement six et huit mois de prison ferme.
Une affaire qui rappelle brutalement à quel point les arnaques aux travaux de rénovation font des ravages, et pourquoi il faut toujours vérifier sérieusement l’identité et la réputation d’un entrepreneur avant de signer quoi que ce soit.
