Limite d’alcool sur les pistes de ski : la Suisse a-t-elle besoin de règles ?

La Rédaction
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  • Les politiciens suisses discutent d’une limite d’alcool sur les pistes de ski.
  • L’Italie a déjà introduit une limite d’alcool de 0,5 pour les skieurs.
  • L’idée fait désormais son chemin dans la politique suisse.
  • Les critiques viennent de l’association du tourisme et de la gastronomie.

“Arrêtez, arrêtez, police : avez-vous bu trop d’alcool ? S’il vous plaît, soufflez dans le tube une fois !” Ce qui ressemble à un contrôle de l’alcool dans la circulation vers la Suisse est normal dans les stations de ski italiennes. Depuis 2022, nos voisins du sud ont un plafond de 0,5 pour mille. L’année dernière, près de 2 000 contrôles ont eu lieu rien que dans le Trentin, dans le nord de l’Italie, et environ trois douzaines de personnes ont été condamnées à des amendes allant jusqu’à 1 000 euros parce que le niveau était trop élevé.

La consommation d’alcool sur les pistes fait également polémique dans la communauté des 20 minutes. Selon le Centre de conseil pour la prévention des accidents (BFU), plus de 60 000 personnes ont été blessées l’année dernière, ce qui représente un coût annuel d’environ 600 millions de francs. La Suisse a-t-elle besoin de limites supérieures ?

Le PPE-Jost salue l’examen du modèle italien

L’idée fait actuellement son chemin au Parlement fédéral. Le conseiller national PPE Marc Jost déclare : « Si l’on regarde les choses sobrement, il y a peu d’objections à traiter le ski différemment de la conduite automobile ou du vélo. » Pour le vainqueur de la « Course de ski parlementaire » annuelle, c’est clair : l’alcool altère les réactions, l’équilibre et la perception et met en même temps les autres en danger, y compris de nombreux enfants.

Le conseiller national PPE Marc Jost se félicite d'une révision du plafond:
Le conseiller national PPE Marc Jost se félicite d’une révision du plafond: “Si l’on y regarde sobrement, il y a peu d’objections à traiter le ski différemment de la conduite automobile ou du vélo.”20min/Matthias Spicher

Le Bernois salue donc une « révision du modèle italien ». Une limite claire d’alcoolémie pourrait servir de guide aux skieurs, à la police et aux compagnies d’assurance. Même si la « culture de la cabane » fait bien sûr partie du ski, « un plafond ne signifierait pas une interdiction du plaisir, mais renforcerait plutôt la prévention et réduirait les risques sur les pistes », argumente le Bernois.

SP-Zryd : “C’est comme conduire une voiture ivre.”

La conseillère nationale PS Andrea Zryd trouve en revanche une limite générale d’alcool sur les pistes de ski « très difficile à mettre en œuvre ». Force est de constater que les conditions sur les pistes de ski ont changé. Grâce aux remontées mécaniques rapides, il y a de plus en plus de monde en même temps sur les pistes. Si l’on ajoute de l’alcool au mélange, “c’est comme conduire une voiture ivre. En fait, vous ne pouvez pas en être responsable”.

Pour Andrea Zryd, conseillère nationale PS et experte J+S en matière de ski et d'athlétisme, «l'alcool sur les pistes de ski est un interdit personnel».
Pour Andrea Zryd, conseillère nationale PS et experte J+S en matière de ski et d’athlétisme, «l’alcool sur les pistes de ski est un interdit personnel».Photo : Raphaël Moser

La habitante d’Adelboden exclut cependant la possibilité d’imposer une limite supérieure par des contrôles : « Des mesures préventives seraient envisageables pour accroître la sensibilisation – par exemple par des tests gratuits dans un bar à neige. » Mais pour la monitrice de ski J+S elle-même, c’est clair : « L’alcool sur les pistes de ski est personnellement interdit ! »

Y a-t-il de plus en plus d’accidents en Suisse ?

Nause, président du tourisme et homme politique centriste : « Nous n’avons pas de tourisme Halligalli »

Le conseiller national du Centre Reto Nause ne voit pas la nécessité d’agir : il souligne qu’en cas d’accident, des limites supérieures d’alcoolémie s’appliqueraient déjà : « L’assurance peut réduire ses prestations », explique-t-il.

Le conseiller national du Centre et président de l'Association touristique Reto Nause ne voit pas la nécessité d'agir sur une limite d'alcool : « La compagnie d'assurance peut réduire ses prestations », explique-t-il.
Le conseiller national du Centre et président de l’Association touristique Reto Nause ne voit pas la nécessité d’agir sur une limite d’alcool : « La compagnie d’assurance peut réduire ses prestations », explique-t-il.20min/Stefan Lanz

Le Bernois met également en garde contre des interdictions plus étendues. Contrairement à Sölden en Autriche, qui a récemment introduit une interdiction de l’alcool dans les espaces publics, la Suisse n’a pas de « tourisme Halligalli ». Et : « Le secteur du tourisme serait considérablement affecté par des plafonds et des interdictions sous la forme d’une perte de ventes », déclare le président de l’association touristique.

Association de gastronomie : « Schümlipflümli en fait partie »

Le conseiller national UDC Andreas Glarner est lui aussi “strictement” opposé à une interdiction de l’alcool : “Maintenant, la police aussi sur les pistes ? Elle a vraiment mieux à faire !” se plaint le marchand de vins. Glarner fait plutôt appel à la responsabilité personnelle et déclare : « Quiconque provoque un accident sous l’influence de l’alcool doit être tenu responsable. »

Hôpital de Davos : les tests d’alcoolémie sont une « rareté absolue »

Interrogé, l’hôpital de Davos explique également qu’il ne prélève généralement pas d’échantillons de sang pour déterminer le taux d’alcool – cela devrait être ordonné par une autorité d’enquête, mais il s’agit d’une “rareté absolue” dans les accidents de ski, explique une porte-parole.

Et dans une étude vieille de 15 ans, l’alcool n’était pas un facteur d’influence important, ce qui correspond également à l’expérience quotidienne : « Nos patients sur les pistes de ski sont très rarement sensiblement ivres », dit-on.

La Suisse devrait-elle introduire une limite d’alcoolémie sur les pistes de ski ?

Bode Obwegeser

Bode Obwegeser (bod) est stagiaire au département politique. L’étudiant en politique peut découvrir de près la politique suisse.

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