Une information judiciaire a été ouverte pour homicide volontaire et harcèlement scolaire en décembre, plus de deux ans après le suicide de Nicolas, 15 ans, à Poissy (Yvelines), a appris l’AFP mercredi auprès du parquet de Versailles. La mère de l’adolescent victime de harcèlement scolaire avait déposé une plainte avec constitution de partie civile en septembre 2024, une procédure qui entraîne quasi-systématiquement la saisie d’un juge d’instruction.
« C’est anormal que les parents d’un enfant décédé n’aient pas accès au dossier scolaire et administratif, qu’on en soit réduit à insister » à travers cette action judiciaire, a souligné auprès de l’AFP Me Jean-Baptiste Soufron, qui représente la mère de Nicolas, Béatrice Le Blay. L’ouverture d’une information judiciaire permettra notamment aux parties civiles d’accéder au dossier.
Rectrice non sanctionnée
La mère de Nicolas avait découvert le corps de son fils, pendu, à leur domicile, le 5 septembre 2023. L’année scolaire précédente, Nicolas s’était plaint dès les premiers mois de harcèlement, et ses parents s’étaient inquiétés auprès du lycée de leur enfant.
Puis, estimant que la situation ne s’améliorait pas, ils avaient envoyé un courrier au proviseur. En retour, le rectorat leur avait répondu en mai 2023 pour souligner les risques pénaux d’une dénonciation inexacte et en qualifiant leur attitude d’« inacceptable ». « La principale défense de l’administration est l’agressivité, le silence et la passivité », déplore désormais Me Soufron.
Au moment du suicide de Nicolas, Gabriel Attal, alors ministre de l’Éducation nationale, avait qualifié de « honte » le courrier envoyé aux parents de Nicolas. Une enquête menée par l’Inspection générale de l’éducation, du sport et de la recherche (IGESR) en parallèle de la procédure entamée par Béatrice Le Blay avait conduit Matignon à décider en mars 2025 que la rectrice de Versailles de l’époque, Charline Avenel, n’écoperait d’aucune sanction.
« Aujourd’hui, visiblement, la situation est toujours la même » face au harcèlement scolaire, conclut Me Soufron, évoquant la mort de Camélia. L’adolescente de 17 ans s’est suicidée le 13 janvier en Seine-et-Marne. Deux enquêtes judiciaires ont été ouvertes, dont l’une pour « harcèlement scolaire ayant conduit la victime à se suicider », et une enquête administrative a été ordonnée.

