Habituellement, l’eau traitée par cet équipement se rejette dans le ruisseau de Trouidy qui alimente le marais de Léhan, situé derrière le cordon dunaire des plages de Léhan et Squividan. Le marais est plein, la station sature. « Les volumes d’eau, nettement supérieurs à la normale au niveau du marais, s’engouffrent par le trop-plein d’entrée de la station. Cette situation entraîne une saturation des réseaux et un déséquilibre des pressions, empêchant toute circulation des eaux dans les différentes filières de traitement, rendant impossible le fonctionnement normal de la station », indique la communauté de communes du Pays Bigouden sud, qui détient la compétence assainissement. L’équipement de Kéristin est géré, dans le cadre d’une délégation de service public, par la Saur.
Des moyens de pompage
Des travaux ont été entrepris en urgence samedi 24 janvier. Le matin, un pompage a été mis en place en sortie du marais de Léhan à hauteur de 350 m³/h, avec rejet en mer, sous accord de la Direction départementale des territoires de la mer (DDTM). L’après-midi, une pompe de transfert de 600 m³/h a été ajoutée afin d’accélérer l’évacuation du marais de Léhan vers l’étang de Léhan.
« Nous avons eu jusqu’à 15 à 20 cm d’eau à l’intérieur. Trois appareils sont hors-service»
Cette situation a des impacts dans le voisinage immédiat de la station d’épuration, notamment rue des Dentellières. Le couple Roudeau est propriétaire d’un pavillon dans ce quartier depuis dix-neuf ans et y réside depuis dix ans. L’eau a gagné le jardin, mais aussi la chaufferie de l’habitation. Ces retraités n’avaient jamais connu pareille situation. « Nous avons eu jusqu’à 15 à 20 cm d’eau à l’intérieur. Trois appareils sont hors-service : réfrigérateur, congélateur et lave-linge. Heureusement, la chaudière, qui n’avait pas d’élément électrique aussi bas n’a pas été touchée. »
« Les sanitaires ne s’évacuent plus »
À ces dégâts matériels, s’ajoute un problème jugé « plus gênant : les sanitaires ne s’évacuent plus ». Un premier épisode s’était déjà produit mardi 20 et mercredi 21 janvier 2026. Face à la récurrence de la situation et son inconfort, ce lundi 26 janvier 2026, la communauté de communes du Pays bigouden sud a proposé aux retraités de leur fournir des sanitaires de chantier.
« Même avec les bottes, on ne passe plus »
Le couple Roudeau estime que les canalisations ne sont pas suffisamment entretenues. « On ne voit jamais personne le faire. Et dès qu’il pleut, on dirait que ça bout sous la plaque d’égout. »
Un autre voisin confirme. « On ne veut accabler personne mais réveiller la collectivité, car on a l’impression que ce problème est un peu ignoré. Il faut sans doute installer un outillage plus conséquent pour pallier ce genre de problème », indique Lionel Richebourg. Au plus fort de la montée des eaux, il a constaté jusqu’à 60 cm dans son jardin : « même avec les bottes, on ne passe plus ».
« Un tel phénomène pluvieux, je n’ai jamais connu ça »
Alors que certains habitants reprochent à la collectivité son manque d’anticipation, Ronan Crédou, vice-président de la communauté de communes en charge de l’assainissement répond : « Un tel phénomène pluvieux, je n’ai jamais connu ça. Et pourtant, je ne suis pas jeune ».
« Aucun risque immédiat pour la santé »
Lundi 26 janvier, en soirée, « malgré les dispositifs déployés, les réseaux restent saturés et le pompage ne permet pas encore d’abaisser suffisamment le niveau du marais », communique la Communauté de communes. La station d’épuration demeure à l’arrêt. Tant que le niveau d’eau n’aura pas baissé d’au moins 40 cm, la remise en service des pompes et la reprise du traitement des eaux usées ne sont pas envisageables ». La collectivité précise aussi : « Aucun risque immédiat pour la santé publique n’est identifié à ce stade ».
Une étude est en cours pour déplacer la station d’épuration de Kéristin, installée sur ce site depuis une trentaine d’années.

