Au lendemain du match très disputé entre le Cameroun et le Maroc, les débats autour de l’arbitrage continuent d’alimenter les discussions sur le continent africain. Invité sur France 24, le président de la Fédération camerounaise de football (FECAFOOT), Samuel Eto’o, est sorti de sa réserve pour livrer une analyse nuancée, mais ferme, sur les conditions ayant entouré cette rencontre.
Pour l’ancienne star du football africain, le problème dépasse largement les décisions prises sur le terrain.
« Contre le Maroc, ce n’était pas une question de ce que l’arbitre faisait pendant ce match, mais de tout ce qui nous a amenés à ce que ce match soit vu de la sorte », a-t-il expliqué.
Une désignation tardive de l’arbitre
Premier point de crispation évoqué par Samuel Eto’o : le timing de la désignation de l’arbitre. Selon le président de la FECAFOOT, l’identité de l’homme en noir n’a été communiquée que la veille du match, aux alentours de 22 heures.
« On ne nous laisse pas le temps de refuser l’arbitre si nous estimons qu’il n’était pas bon pour notre match. Ça, c’est dommage », a-t-il regretté, soulignant un manque de transparence dans les procédures.
Des dysfonctionnements organisationnels
Au-delà de l’arbitrage, Eto’o pointe également des problèmes logistiques qu’il juge révélateurs de dysfonctionnements plus profonds. Il cite notamment l’incident impliquant l’ambassadeur du Cameroun, qui se serait retrouvé sans billet à quelques heures du coup d’envoi.
« À deux heures ou une heure et demie du match, il n’avait toujours pas de ticket pour assister à la rencontre », a-t-il déploré, estimant que ces « petites choses » nuisent à la crédibilité des compétitions.
“Ce match aurait pu basculer”
Face aux critiques affirmant que le Cameroun n’aurait jamais été dangereux offensivement, Samuel Eto’o a tenu à recadrer le débat.
« J’ai entendu dire que le Cameroun n’a pas tiré au but. Mais la question n’est pas seulement de tirer », a-t-il lancé, rappelant l’importance des décisions clés dans un match de football.
Pour lui, un carton rouge ou un penalty aurait pu totalement changer la physionomie de la rencontre :
« Pour nous autres Camerounais, si vous avez un carton rouge à un moment donné, ça change tout. Si vous avez un penalty, ça change le match. »
Un appel à l’équité
Malgré ses critiques, le président de la FECAFOOT insiste sur un message d’équilibre. Il affirme ne pas réclamer de traitement de faveur pour son pays, ni de préjudice pour l’adversaire marocain.
« Ce que nous demandons, c’est que tout ce qui s’est fait ne soit ni pour le Cameroun, ni pour le Maroc, ni pour quelqu’un d’autre », a-t-il conclu, plaidant pour une gouvernance plus juste et plus professionnelle du football africain.
Une sortie médiatique forte, qui relance une fois de plus le débat sur l’arbitrage et l’organisation des compétitions continentales, dans un contexte où la crédibilité du football africain reste un enjeu majeur.

