Deux heures pour condamner, des mois pour se justifier : la Fédération Camerounaise de Football monte au créneau contre les méthodes de la CAF dans l’affaire opposant son président à l’instance continentale.
Dans un communiqué au vitriol publié mercredi 22 janvier 2026, la Fédération Camerounaise de Football (FECAFOOT) a pris acte de la dernière notification de la Confédération Africaine de Football concernant la sanction frappant Samuel Eto’o, tout en dénonçant vertement les contradictions d’une procédure qu’elle juge déséquilibrée.
Si l’instance camerounaise salue la clarification procédurale obtenue — le délai d’appel ne courra qu’après notification des motifs détaillés de la sanction —, elle pointe du doigt un contraste saisissant dans les temps de traitement du dossier. La Commission disciplinaire de la CAF a prononcé sa condamnation en moins de deux heures après l’audience. Plusieurs semaines plus tard, les motifs complets de cette décision n’ont toujours pas été communiqués à la défense.
Un précédent inquiétant
Pour la FECAFOOT, ce retard n’a rien d’accidentel. L’instance rappelle qu’un dossier disciplinaire antérieur avait nécessité une attente de neuf mois avant que l’ensemble des documents indispensables à la défense ne soit transmis. Une lenteur administrative qui contraste singulièrement avec l’empressement à sanctionner.
« Cette situation porte atteinte à la réputation de Samuel Eto’o et à l’honneur de notre fédération », martèle le communiqué, qui exige désormais le respect scrupuleux des délais raisonnables et d’une procédure véritablement équitable.
La défense paralysée
Sans les motifs détaillés de la sanction, le camp Eto’o se trouve dans l’impossibilité de construire une stratégie d’appel solide. Les arguments de fond, les éléments factuels retenus contre l’ancien capitaine des Lions Indomptables, les bases juridiques de la condamnation : autant d’informations cruciales qui demeurent inaccessibles à la défense.
La FECAFOOT s’érige ainsi en gardienne de ce qu’elle considère comme les principes fondamentaux d’une justice sportive crédible sur le continent africain. Le bras de fer administratif entre Yaoundé et Le Caire est loin d’être terminé, et promet d’alimenter les débats sur la gouvernance du football africain dans les semaines à venir.

