
Au tribunal de Saint-Malo, jeudi 22 janvier, sept hommes, âgés de 29 à 51 ans, étaient convoqués pour trafic de stupéfiants, cannabis et cocaïne. Des faits commis dans la cité corsaire et ses alentours de 2017 à 2019. Quatre d’entre eux, après avoir reconnu les faits, ont été condamnés selon la procédure de comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité (CRPC) à des peines allant de 15 mois à 24 mois avec sursis, et 36 mois dont 6 mois ferme pour le quatrième avec interdiction de se contacter. Les trois autres prévenus ont été jugés devant le tribunal correctionnel.
« Ça a gâché ma vie »
En novembre 2018, les policiers rennais informaient leurs collègues malouins d’un éventuel trafic sur Saint-Malo dirigé par un individu identifié. Une surveillance était mise en place autour de lui et de son entourage. Plusieurs de ses relations étaient reconnus. « Pas mal d’allers-retours », relève la Présidente, entre la région parisienne et Saint-Malo étaient observés. Au retour d’un trajet un chauffeur était interpellé. Dans sa voiture, des tableaux, ce qui donnera lieu à une autre enquête. À son domicile, six grammes de cocaïne et d’autres produits étaient découverts. À l’audience, ce dernier, actuellement sans domicile fixe, déjà condamné à dix reprises, a tout reconnu. « Ça a gâché ma vie » a-t-il dit.
En 2019 il s’était retrouvé sans travail et n’avait pu résister à « la belle proposition » de devenir le chauffeur de la tête du réseau, qui a été condamné à la peine la plus forte en CRPC. Il aurait effectué une dizaine de voyages entre la région parisienne et Saint-Malo, recevait ses instructions par téléphone et était rémunéré avec du cannabis. Il en revendait 300 à 400 grammes par mois à une vingtaine de personnes.
« Je pensais qu’il avait besoin d’un chèque pour acheter une voiture »
Le second prévenu, principalement consommateur selon lui, est revenu sur une grande partie de ses précédentes déclarations. Il a avoué l’achat et la revente de produits mais a contesté le blanchiment qui lui est reproché. Mais il a effectivement reçu « une seule fois » une somme en espèces du principal mis en cause qu’il pensait être vendeur de voitures et lui a remis un chèque en retour. « Je pensais qu’il avait besoin d’un chèque pour acheter une voiture » a-t-il indiqué. Il conteste aussi avoir entreposé des stupéfiants chez lui. « Je n’aurai jamais dû le rencontrer » a-t-il déploré avec regrets.
Le troisième homme, déjà condamné à treize reprises, repéré comme client, ne s’est pas présenté. Chez lui, étaient découverts onze grammes de cannabis et deux balances. Devant les enquêteurs il avait contesté avoir revendu pour la tête du réseau.
Après délibéré le chauffeur a été condamné à 12 mois de prison ferme qu’il effectuera sous le régime de la semi-liberté, le second à 12 mois de prison avec sursis, l’absent a été relaxé pour une partie des faits et pour le surplus condamné à 6 mois de prison avec sursis probatoire durant deux ans. Les trois ont interdiction de se contacter.