Dans un texte sobre, le journaliste Alain Denis Ikoul, revient sur la rencontre Cameroun – Maroc, de vendredi dernier. Pour lui, l’actuel sélectionneur entraineur des lions indomptables présente des failles sur le plan tactique.
Lire ici son analyse :
La défaite des Lions hier face au Maroc est venue étaler les limites tactiques de l’entraîneur, qui étaient autrefois masquées par des victoires parfois très chanceuses et imméritées.
Hugo Broos l’avait déjà dit après le match face à l’Afrique du Sud, nous aussi l’avons souligné dans nos analyses : l’équipe du Cameroun n’avait pas proposé grand-chose dans le jeu dans cette compétition. Tout s’est joué au mental des garçons qui étaient gonflés à bloc et irréprochables dans l’implication, mais le hemlè ne devait pas nous aider à chaque fois. Il fallait être réaliste, remettre en question la mauvaise qualité ou alors le « non jeu » de notre équipe sur les matchs précédents pour être au rendez-vous face au Maroc. Mais en bons camerounais, on a fait le choix de se féliciter des résultats parfois immérités, sans jamais questionner le contenu.
Un chiffre est révélateur du « non match » des Lions hier: ZÉRO TIR CADRÉ. Ce chiffre montre que l’arbitrage pointé du doigt n’est qu’une simple fuite en avant, car malheureusement comme face à l’Afrique du Sud hier, on n’a pas été au niveau. Une fois le jeune Baleba bloqué par un marquage particulier, Mbeumo et Kofane isolés par la stratégie marocaine, on n’a jamais réussi à trouver la solution tactiquement pour assurer nos sorties de balles: ET ÇA JE SUIS DÉSOLÉ, C’EST DE LA RESPONSABILITÉ DE L’ENTRAÎNEUR..
David Pagou s’est laissé emporter par l’orgueil des résultats précédents qui étaient immérités pour certains, pour penser qu’on pouvait à chaque fois faire des « non matchs » et gagner à la fin. Il n’a jamais réussi à APPORTER UNE RÉPONSE TACTIQUE AUX PROBLÈMES TACTIQUES POSÉS par Broos en huitièmes, et par Regragi en quart. Face à l’Afrique du Sud les buts (contre le cours du jeu) ont camouflé son incompétence tactique, mais hier sans les buts, ça a sauté à l’œil car il n’a jamais rien proposé pour contrer ce que Regragi avait mis en place.
À l’échelle des responsabilités !
Il y a d’abord Pagou lui-même : Il ne s’est jamais remis en question, quand ça gagnait. Or on voyait bien que les succès de notre équipe ne tenaient pas au génie tactique de Pagou, mais à une bonne dose réussite, de chance. Déjà face à l’Afrique du Sud, cela s’est vu. Je reviendrai point par point sur ses erreurs dans cette compétition durant tout le week-end.
Ensuite il y a nous de la Presse: Je suis désolé la presse camerounaise, aujourd’hui devenue une presse de communicateurs de la fédération (en dehors de CFOOT et quelques autres médias), n’a pas joué son rôle. Quand l’équipe de France joue mal mais gagne, les journalistes français félicitent la victoire, mais après ont la lucidité de questionner et CRITIQUER le contenu, le jeu proposé. Au Cameroun, les journalistes entrent dans le jeu des FANS et de la fédération: on se contente du résultat, et on s’interdit de critiquer le contenu, AU NOM DE L’UNION SACRÉE. Je ne sais pas dans quelle école de journalisme on apprend cela, mais je le découvre au Cameroun. Quand tu oses éveiller les consciences endormies dans le fanatisme aveugle et le clientélisme, on estime que tu n’aimes pas l’équipe, et que tu souhaites qu’elle perde. Les premiers à te livrer à la vindicte populaire, ce sont tes propres confrères journalistes.
Puis il y a les anciens Lions: leurs voix comptent pourtant, mais pour la plupart, ils sont entrés dans le jeu de l’hypocrisie. Ils font comme des supporters là où on attend qu’ils aient un regard CRITIQUE. Ils ont passé le temps à féliciter Pagou, alors qu’ils voyaient bien que nos succès ne tenaient pas à son génie tactique, et pire encore qu’il n’était pas tactiquement au niveau de la compétition, encore moins de ses adversaires. Nos anciennes gloires, aujourd’hui sont rentrées pour la plupart, dans le jeu des communicants de la fédération, là où ailleurs on voit des anciens joueurs critiquer le jeu quand l’équipe n’en propose pas. Le hemlè n’est pas une tactique, et ils le savent bien.
Il a fallu 15 matchs à Marc Brys dans des conditions exécrables pour s’incliner, mais Pagou dans des confrontations IDÉALES n’aura tenu que 4 (non) matchs. Posons-nous les bonne questions, mais pour moi j’aime bien l’homme, j’apprécie l’excellent communicant qu’il est, j’ai posé la question de sa légitimité au moment de sa nomination, et aujourd’hui ma position reste inchangée, il n’a pas (encore) le niveau requis pour guider tactiquement une équipe comme les LIONS INDOMPTABLES: ceux qui l’ont nommé le savent.

