
20 décembre 2024, 23 h 36. La victime reçoit la photo d’une arme dans une mallette accompagnée du texte « Je suis prêt. » Le début d’une série de plus de 5 300 SMS envoyés, jusqu’au 15 août 2025, par son ex-compagnon. Et c’est depuis le box que celui-ci comparaissait, ce lundi 5 janvier, devant le tribunal correctionnel de Saint-Brieuc. Parmi les milliers de messages, des menaces de mort répétées envers la mère de ses enfants et le nouveau conjoint de cette dernière.
« T’es prête à mourir pour lui ? Soit c’est lui, soit c’est toi » ; « Je te promets que je vais faire une dinguerie, on va en parler pendant cent ans de ce que je vais faire », cite, pêle-mêle la présidente. « Oui, j’en suis bien l’auteur. Je n’en suis pas fier mais ce sont les faits », reconnaît le prévenu, qui évoque un contexte de séparation et une dépendance à l’alcool. « Le téléphone, c’était un défouloir dès que j’allais mal. J’ai honte de vous entendre lire tout ça. Mais elle n’a rien perdu, elle. »
« Violence extrême »
Côté défense, on rappelle la dépression non traitée et le « besoin impérieux qu’il se soigne ». « Il faut, évidemment, une réponse pénale. Mais il faut le sortir de la spirale dépressive pour qu’il puisse se réinsérer », argue son avocat, s’appuyant sur une possibilité d’hébergement et une promesse d’embauche. « Torture, barbarie, décapitation… Ce ne sont que des mots, certes, mais c’est élaboré et d’une violence extrême. Et Monsieur a tendance à rejeter la faute sur les victimes », pointe, quant à elle, la procureure.
Le tribunal a suivi ses réquisitions, condamnant le mis en cause à douze mois de prison, dont six assortis d’un sursis probatoire de deux ans. La partie ferme sera aménagée en placement à domicile avec port d’un bracelet électronique. À sa sortie, le quadra devra se soumettre à des obligations de soins et de travail, ainsi qu’à des interdictions de contact ou de paraître au domicile des victimes, et de porter une arme soumise à autorisation.