
« Tout n’a pas été volé par moi », répond le prévenu à la Présidente du Tribunal de Saint-Malo. L’ancien commerçant dinardais est jugé pour une cinquantaine de vols de GPS de bateaux, des vols perpétrés sur Saint-Malo (35), Saint-Cast-le-Guildo (22) et plusieurs ports de l’Ouest ainsi que Jersey de 2016 à 2018. Le 21 janvier 2017, la gendarmerie maritime malouine était alertée de nombreux vols de GPS sur des bateaux à coques ouvertes sur Saint-Malo et Saint-Cast-le-Guildo (22). « Démontés, fils coupés, neufs donc vendables » précise la Présidente .
Des GPS volés découverts dans sa boutique
Sur un site de vente d’occasion une personne mettait régulièrement en vente ces articles sous 60 pseudonymes, mails et téléphones différents. « Le croisement des fichiers des systèmes de localisation volés et ceux vendus sur le site d’occasion », permettaient d’identifier l’auteur. Dans sa boutique étaient découverts deux GPS volés, dans sa voiture un tournevis et une pince coupante. Le prévenu doit aussi répondre de harcèlement sur son ex-compagne pour avoir rôdé autour de son domicile à Dinard (35) ou sur son lieu de travail ; de blanchiment, en encaissant sur le compte de sa société des chèques provenant de la vente d’objets volés ; de faux et usage de faux, en rédigeant de fausses fiches de paie pour obtenir un logement auprès d’une agence immobilière et enfin d’abus de biens sociaux en effectuant des achats personnels sur les comptes de sa société.
À la barre, jeudi 18 décembre, le prévenu de 49 ans avoue seulement en partie ce qu’on lui reproche. Concernant les vols il conteste s’être déplacé dans certaines villes alors qu’il a été établi qu’il était sur le secteur à l’époque des faits. « Je ne fais pas de grands écrans ni de voiliers », dit-il. Parfois il hésite et ne sait plus. Selon lui, de nombreux autres vols ont eu lieu avant son intervention « il n’y a pas de mode opératoire, quatre vis, un fil rouge et un fil noir », explique-t-il au Procureur.
Le prévenu « tombé dans un engrenage »
Au départ, il achetait les articles sur le site d’occasions puis les revendait « par besoin d’argent ». Mais, se trouvant dans une situation personnelle et professionnelle compliquée, il venait en effet d’ouvrir son magasin, il a commencé à en voler. Et déplore « être tombé dans un engrenage qu’il ne peut expliquer ». Actuellement gérant de plusieurs entreprises morbihannaises, il a depuis sept ans scrupuleusement respecté son contrôle judiciaire après quelques mois de détention. « Des faits sériels et caractérisés » pour le Procureur. Au final le prévenu a été condamné pour quatorze vols, usage de faux, blanchiment, abus de biens sociaux, à 20 mois de prison dont 15 mois avec sursis, il a été relaxé pour les autres vols, harcèlement et faux.