
Il avait été interpellé dans son restaurant en début de journée, le 7 juillet 2022. Lui, le natif de Baden (56), avait tenu un établissement dans le cœur de la commune, avant de prendre une autre affaire dans la zone de Toulbroch, Les Kerguelen, où les gendarmes étaient venus le cueillir à 8 h 30 du matin. Un dépôt de plainte d’une ancienne employée et amie, à qui son enfant de 11 ans s’était confié, avait conduit au placement en détention provisoire de Nicolas Hervé, deux jours après son interpellation. La veille de son arrestation, des tags avaient été inscrits sur la façade de son restaurant et sur une aile de sa voiture. Des dénonciations stipulant son nom, assorties de la mention « pédophile ». L’enquête des gendarmes a abouti à une liste de six jeunes garçons qui ont été victimes des agissements du Badenois.
Des faits répétés
« Ils faisaient partie du cercle amical ou professionnel de mon client », précise l’avocate de Nicolas Hervé, Me Karine Albanhac, à quelques jours du procès, qui débute le lundi 8 décembre, pour une durée de cinq jours. L’un des enfants agressé appartenait à sa sphère familiale.
Nicolas Hervé, 48 ans, est poursuivi pour des agressions sexuelles sur ces six victimes, certaines âgées à l’époque de moins de 15 ans, et qui ont aujourd’hui de 15 à 26 ans. Deux d’entre elles ont dénoncé, de surcroît, des faits de viols. On parle de faits répétés sur ces jeunes garçons et non de faits uniques, opérés entre 2012 et 2022.
Le restaurateur aurait abusé de certains d’entre eux lors de sorties dans des parcs de loisirs à l’extérieur du Morbihan, dans le Périgord et en Normandie notamment. Les parents des victimes, dont certains étaient d’anciens employés devenus des amis, lui confiaient leurs enfants en toute confiance.
« Mon client a été content d’avoir été arrêté »
« Mon client a été content d’avoir été arrêté. Il a commencé à se reconstruire en prison, fait du chemin en observant un suivi psychologique et psychiatrique », fait savoir son avocate. Placé en détention à la maison d’arrêt de Ploemeur, Nicolas Hervé n’a pas fait de demande de remise en liberté avant son procès. Il aurait dû être jugé avant le 20 juin 2025, ce qui n’avait pas été possible en raison de l’engorgement des dossiers de la cour criminelle du Morbihan et du procès Le Scouarnec.
Pédopornographie et corruption de mineurs
Compte tenu du risque de réitération des faits, la chambre de l’instruction de la cour d’appel de Rennes avait toutefois ordonné « à titre exceptionnel », la prolongation de la détention provisoire de Nicolas Hervé. L’accusé devrait reconnaître l’intégralité des charges qui pèsent contre lui. Y compris la détention de trois vidéos et de 67 images pédopornographiques retrouvées sur son ordinateur, ainsi que la corruption de mineurs.