La tension était palpable autour de l’Assemblée générale élective de la Fédération Camerounaise de Football (Fecafoot), prévue ce samedi. Alors que le ministre des Sports et de l’Éducation physique (Minsep) avait adressé une correspondance au ministère de l’Administration territoriale (Minat) afin de solliciter l’annulation de cette session, la réponse a été cinglante : la requête a été déclarée irrecevable. Une décision qui redistribue les cartes et révèle, en filigrane, un désaccord institutionnel désormais difficile à ignorer.
Une requête rejetée — un rapport de force exposé
Dans sa lettre, le Minsep espérait freiner la tenue de l’Assemblée générale de la Fecafoot, invoquant des irrégularités et la nécessité d’un cadre administratif plus clair avant toute avancée électorale. Mais le Minat, garant du respect des libertés associatives et de la règlementation territoriale, n’a pas suivi cette position. Non seulement la demande d’annulation n’a pas prospéré, mais le ministère de Paul Atanga Nji a pris une posture assumée de supervision du déroulement des travaux.
Cette décision témoigne d’un désaveu manifeste envers le Minsep — un véritable camouflet politique en pleine crise du football camerounais.
Une présence de l’État sur le terrain
Preuve supplémentaire de cette position ferme : le Minat a déployé des représentants au Centre d’excellence de la CAF à Mbankomo, où se tient l’Assemblée générale. Plusieurs hauts responsables sont sur place, parmi eux la sous-préfète de l’arrondissement de Mbankomo, Vicky Ngambi Ebelle, dont la présence marque clairement la volonté de l’administration territoriale d’encadrer, mais surtout de laisser se tenir les travaux de la Fecafoot.
Dans un contexte où la fédération traverse une zone de turbulences institutionnelles, cette présence physique sonne comme un sceau d’authentification gouvernementale du processus.
Quelles conséquences pour la suite ?
Entre deux ministères dont les positions divergent, la Fecafoot, déjà au cœur des polémiques, voit se dessiner un scénario politique tendu. Le Minsep sort affaibli, tandis que le Minat impose sa lecture des textes et du calendrier.
Reste maintenant à savoir si cette Assemblée générale débouchera sur un consensus attendu ou ouvrira la voie à de nouvelles contestations. Une chose est sûre : le feuilleton du football camerounais ne s’achève pas aujourd’hui.

