Tandis que la division de la criminalité organisée et spécialisée (ex-PJ) de Brest poursuit des investigations qui promettent d’être « longues et compliquées » (selon une source judiciaire), le profil du jeune homme s’affine. Et confirme l’idée que l’enfant de la cité de Kergoat, réputé gentil « et en aucun cas un caïd », dixit son avocat Me Rabah Laraba, inquiétait les autorités depuis de longs mois déjà.
Sous contrôle judiciaire
Sous contrôle judiciaire, l’ancien footballeur de l’AS Brestoise faisait l’objet d’une mise en examen pour le meurtre de Soufiane Hamdoun, 20 ans. L’affaire remonte au 27 juin 2021, à Plomelin, près de Quimper. Au terme d’une soirée ayant réuni environ 200 jeunes, une rixe entre Brestois et Quimpérois avait tourné au drame. Frappé de trois coups de couteau, dont au moins un au cœur, Soufiane Hamdoun s’était écroulé au sol. Autour de la scène de crime, une trentaine de suspects. « Mais mon client, qui n’était pas le seul poursuivi dans cette affaire et qui était libre, allait plaider non coupable », assure Me Laraba.
Mon client, qui n’était pas le seul poursuivi et qui était libre, s’apprêtait à plaider non coupable
De suspect à victime
En plus de cette procédure, Nasserdine Soumaila était conjointement dans l’attente d’un autre procès aux assises. Mais, cette fois, sur le banc des victimes et non des accusés. Le 11 juin 2022, soit quasi un an jour pour jour après l’affaire de Plomelin, le Brestois avait été pris pour cible par deux jeunes Rennais qui l’avaient grièvement blessé par arme à feu. La scène s’était déroulée en pleine journée, boulevard de l’Europe, dans le quartier du Bergot, à Brest. Amputé de l’avant-bras, Nasserdine Soumaila avait manqué de perdre la vie pour une histoire « avec laquelle il n’avait rien à voir » (un achat de moto qui a mal tourné) insiste son avocat. « Il avait beaucoup souffert de l’amputation. C’était très dur à gérer psychologiquement. Il était suivi et son rêve de devenir peintre en bâtiment avait été complètement chamboulé », renseigne le défenseur.
« Rien à voir avec le grand banditisme »
Malgré ces épisodes judiciaires tout sauf anodins, Nasserdine Soumaila n’avait « rien à voir avec le grand banditisme », soutient encore l’avocat du défunt. Pour preuve, « une seule mention figurait à son casier judiciaire ». Une affaire de recel de vol de moto-cross qui s’est soldée, en 2023, « par trois mois de prison avec sursis via une comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité ». Pas le genre d’états de service qui valent de mourir à la nuit tombée, d’une balle en pleine poitrine, sur la dalle d’un quartier populaire de Brest. « Oui, il avait fait des bêtises, oui, il avait des mentions au TAJ (onze mentions au fichier de traitement des antécédents judiciaires, selon nos informations), mais mentions ne veut pas dire condamnations » insiste Me Laraba qui se désole de voir « la violence avec arme se banaliser » à la pointe du Finistère.

