Selon elle, les soirées agitées se sont succédé durant tout le week-end : ballets bruyants de motos et voitures à la nuit tombée et, surtout, ces fameux tirs de mortiers qui deviennent un rituel, ici aussi. « C’est de pire en pire », embraie un autre habitant, Jacques, qui redoute ces nuits qui « vont finir par dégénérer ».
« On ne sait pas si ce sont des armes ou des pétards »
« Ce sont surtout des jeunes âgés de 13 à 20 ans » qui sont à l’origine des incivilités recensées dans le quartier, selon Nadia, une voisine alertée à chaque bruit de tirs. « Des fois, on ne sait pas si ce sont des armes ou des pétards ! » s’alarme-t-elle.
Même si ce n’est pas tous les jours, on a l’habitude.
De l’autre côté de la ville, rue de Vannes, à Bellevue, où elle vit depuis 40 ans, Chantal fait face au même phénomène de feux d’artifice en pleine nuit, depuis des mois, si ce n’est des années. Mais elle assure ne pas en avoir peur, contrairement à Régina, installée un peu plus loin : « Je suis parfois un peu stressée à cause de l’agitation qui règne la nuit », confie celle qui avoue ne plus sortir « au-delà d’une certaine heure ». Mohammed, gérant d’une épicerie près de la place Napoléon III, affirme, quant à lui, que ces tirs « deviennent un danger pour le public », comme l’incendie déclenché par des artifices à Rillieux-la-Pape (Ain), le week-end dernier, l’a rappelé.
« Souvent, ces tirs ne sont pas contrôlés »
À Pontanézen, à deux pas de la médiathèque Jo-Fourn et des caméras de vidéoprotection, Mohamed parle, lui, d’incidents entrés dans le quotidien ou presque : « Même si ce n’est pas tous les jours, on a l’habitude ». Il craint surtout pour la sécurité des enfants, et déplore des « comportements qu’ils peuvent malheureusement imiter ».
Surtout, plusieurs habitants des quartiers brestois rencontrés ce mercredi évoquent le sentiment de ne pas se sentir « à l’abri », dans leur domicile. « Souvent, ces tirs ne sont pas contrôlés. L‘autre soir, ça a atterri sur mes fenêtres », décrit une habitante de Pontanézen.

