
« On venait de finir notre contrôle. Il restait 20 minutes de cours. Le prof venait de commencer à parler quand, d’un coup, la porte s’est ouverte et un jeune arrive avec un extincteur qu’il vide sur le prof qui essayait de se protéger avec sa blouse. On n’a pas eu le temps de réagir, ça s’est passé en quelques secondes. Après, il est parti en courant », témoigne Luna (prénom d’emprunt), en classe de terminale au lycée Lesage qui a vécu la scène, en plein cours donc, aux environs de 11 h 30, vendredi 7 novembre : « On a halluciné, je suis sous le choc ».
À ses côtés, sur le parvis du lycée, ses camarades abondent et sont touchés par cet acte gratuit : « On est à fond derrière notre prof, il est génial, il est passionné », explique un jeune. « Ce n’est pas normal, il est trop chou ce prof, c’est humiliant, c’est horrible. » « Il ne faut vraiment pas avoir de cerveau pour faire ça », ajoute un autre.
Une « expédition » organisée
La police est intervenue rapidement a retrouvé l’auteur présumé des faits, un mineur, qui est élève d’un autre établissement. Les enquêteurs ont aussi arrêté un autre mineur, lycéen de Lesage lui, élève de la classe dans laquelle a eu lieu l’agression. Peu après les faits, ce dernier est pris en train de montrer sa vidéo des faits à ses camarades avec probablement pour but de faire le buzz sur les réseaux sociaux. De buzz il n’y aura pas, les policiers se sont saisis du téléphone. Toute cette « expédition » à trois, aurait été organisée via un groupe sur une messagerie instantanée à laquelle un troisième mineur a participé. Il serait le meilleur ami de l’auteur présumé et l’aurait aidé à entrer dans le lycée.
Il y a souvent des gens extérieurs qui rentrent dans le lycée, ils vont même manger au self !
« À Lesage, on rentre comme dans un moulin »
« Pour entrer à Lesage, regardez, il faut badger pour franchir le portillon, après il y a une guérite devant laquelle on passe et souvent un surveillant guette les entrées et les sorties, » explique une professeure du lycée, croisée à la pause déjeuner. En théorie donc, tout va bien, sauf qu’en échangeant avec les lycéens on apprend très vite : « Il y a souvent des gens extérieurs qui rentrent dans le lycée, ils vont même manger au self ! », relate un lycéen. L’inquiétude est palpable à la sortie du lycée et les langues se délient. Tous ont envie de parler : « Tout le monde peut rentrer. C’est une porte ouverte ! » « À Lesage on rentre comme dans un moulin et c’est inquiétant. »
Jugés par le tribunal pour enfant en février 2026
« Cela nécessite qu’on travaille tous ensemble avec la région qui est propriétaire des murs. Il faut que cet évènement agisse comme une prise de conscience », répond le directeur de l’Académie du Morbihan, Stéphane Caron. La Région juge de son côté « intolérable de tels agissements » et indique que la sécurité du lycée « ne serait pas remise en cause, » l’agresseur ayant « bénéficié de complicités pour s’introduire dans l’établissement. »
Les deux lycéens de Lesage ne seront pas acceptés en cours d’ici à leur conseil de discipline qui décidera de leur avenir. Les trois jeunes ont été déférés à l’issue de leur garde à vue et seront jugés par le tribunal pour enfant en février 2026, indique le parquet de Vannes. Le principal mis en cause est poursuivi pour violences aggravées, pour lesquelles il encoure jusqu’à 7 ans de prison, et pour introduction illicite aggravée dans un établissement pour lesquelles il encoure jusqu’à 3 ans de prison.