
Le week-end démarre à Lorient, vendredi soir. Vers 22 h 30, un policier de la Bac est traîné sur plusieurs mètres lors d’un contrôle routier (21 jours d’ITT). Quinze minutes plus tard, dans le quartier de Kerbernard, à Brest, un policier évite de justesse un tir de mortiers en pleine tête et à bout portant. Mais, dans l’action, il chute et s’ouvre l’arcade sourcilière. À 23 h, à Plouzané (29), un gendarme est blessé au bras après un refus d’obtempérer, lors d’un contrôle routier. Quelques minutes plus tard, à Saint-Brieuc, une policière intervient sur des violences conjugales. Elle est saisie à la gorge par le conjoint violent (cinq jours d’ITT).
Décès de l’homme au couteau
Le week-end n’est pas fini. Dimanche 9 novembre, vers 6 h, un individu outrage des policiers dans le centre-ville de Rennes. Lors de son interpellation, ce dernier se rebelle et provoque une sérieuse fracture à la main d’un policier. Dernier fait : ce lundi matin, à Lorient, le contrôle d’un individu agité vire au drame. Armé d’un couteau, il se jette sur les fonctionnaires. La police fait usage de son arme. L’homme décède.
Problèmes psy
« Il y a encore 10 ou 15 ans, la Bretagne, était un territoire préservé. Ce n’est plus vrai maintenant, argue Julien Le Cam, délégué régional du syndicat de gardiens de la paix Alliance. Aujourd’hui, il y a autant de violence ici qu’en région parisienne, sauf qu’il y a beaucoup moins de policiers. Il manque du monde partout. En région parisienne, en cinq-dix minutes, les renforts arrivent de partout. Ici, non seulement il manque du monde partout mais en plus, les villes sont loin les unes des autres. »
Même son de cloche chez le délégué régional SGP FO, David Leveau : « Les effectifs sont insuffisants ! La Bac Saint-Malo est dans une situation critique alors qu’il y a énormément de stupéfiants là-bas ! À Quimper, on demande aux citoyens de dénoncer les points de deal. À Fougères (35) et à Morlaix (29), on n’est pas dimensionné pour des points de deal. Les gens ne respectent plus les forces de l’ordre. Les sanctions pénales n’effraient personne. Et il y a de plus en plus de gens avec de graves problèmes psy. »