L’égalité salariale femme-homme, c’est pour dans 142 ans ! On exagère ? Pensez donc, on est bien incapable de faire autre chose qu’une règle de trois en maths. Mais Rebecca Amsaellem, docteure en économie et autrice de la newsletter « Les Glorieuses », décryptage de l’actualité économico-féministe mais également culturelle, maîtrise bien mieux les chiffres et les différentes fonctions d’une calculette. Et elle l’annonce dans La Tribune dimanche « ce lundi à 11h31, les femmes travaillent bénévolement ».
Pour celles et ceux qui se demandent comment on arrive à ce 10 novembre 11h31 pour dire que les femmes travaillent désormais gratuitement, voici l’explication fournie par l’économiste : « Cette date est calculée à partir d’une statistique publiée par l’Insee : les femmes salariées du secteur privé gagnent 14,2 % de moins que les hommes à temps de travail équivalent. On rapporte cette différence au nombre total de jours ouvrés en 2025, soit 251. Cela représente environ 30,6 jours ouvrés. En retranchant ces jours à partir du 31 décembre, en excluant les week-ends et jours fériés, on obtient la date. »
En 2016, quand Rebecca Amsellem a commencé le calcul, la date était le 6 novembre à 16h34 et « l’écart de rémunération s’élevait à 15,8 % ». Une avancée positive ? Eh bien non, « cette évolution traduit davantage une stagnation qu’un réel progrès. A ce rythme, l’égalité salariale ne serait atteinte qu’en 2167. »

