«Le procès Mazan est fini ». Au lendemain de sa condamnation par la cour d’appel de Nîmes, Husamettin D., condamné pour viols aggravés à 10 ans de prison, a « accepté » sa condamnation. « Il n’y aura pas de pourvoi en cassation », précise l’un de ses avocats, Jean-Marc Darrigade.
Le quadragénaire était le seul, parmi les 51 hommes condamnés en première instance par la cour criminelle départementale du Vaucluse, à avoir fait appel de sa condamnation. Seize autres condamnés, qui avaient dans un premier temps annoncé leur intention de faire appel, s’étaient finalement désistés, face au risque de sanctions plus lourdes.
Neuf ans en première instance, dix en appel
Husamettin D. avait pour sa part été condamné à neuf ans de prison en première instance pour « viols aggravés ». Soit un an de moins que sa peine définitive prononcée ce jeudi en appel. Tout au long de ce second procès il a nié, comme il l’avait fait dans le Vaucluse, avoir violé Gisèle Pelicot, affirmant être tombé dans un « piège » tendu par Dominique Pelicot pour lui faire croire à un « plan libertin ».
Ces dénégations n’ont pas résisté au visionnage des vidéos enregistrées dans la nuit du 28 au 29 juin 2019. « On y voit Gisèle Pelicot, totalement inerte, ronflant par moments, être violée à de multiples reprises par l’accusé », a relaté notre envoyée spéciale Caroline Politi à ce procès. « Et ce qui saute aux yeux, au-delà de l’aspect léthargique de la victime, c’est le soin que met Husamettin D. à se faire le plus discret possible. »
Notre dossier sur l’affaire des viols de Mazan
L’avocat général avait requis douze ans de réclusion à son encontre. « On ne peut pas, en 2025, considérer que si elle n’a rien dit, c’est qu’elle était d’accord », a déploré le magistrat. En renonçant au pourvoi en cassation, Husamettin D. est définitivement condamné pour viol. Il met un terme au chapitre judiciaire pour Gisèle Pelicot. Laquelle est bien « l’unique victime » de cette affaire sordide, comme elle a dû, une dernière fois, le justifier devant les juges, au cours de ce procès en appel.