L’orage gronde chez les Lions Indomptables. Marc Brys, le sélectionneur belge, est à bout et ne mâche plus ses mots. De retour d’Afrique du Sud, il a réuni ses joueurs pour une annonce choc : il envisage sérieusement de claquer la porte. En cause ? L’interdiction faite à son assistant, Joachim Mununga, de s’asseoir sur le banc de touche, une décision de la Fécafoot qu’il perçoit comme un affront personnel. Excédé, Brys a averti ses joueurs qu’ils ne devraient pas être surpris s’il démissionne dans les prochaines heures.
Lors de cette réunion sous haute tension, le coach a explosé. Marqué par les insultes des supporters à Nelspruit, il juge cet épisode inacceptable et n’a pas caché sa colère. Pris dans l’émotion, il est même allé jusqu’à déclarer qu’il cesserait de s’alimenter tant que son adjoint ne pourrait pas prendre place à ses côtés sur le banc.
L’alerte a été jugée suffisamment grave pour que le ministère des Sports intervienne en urgence. Des responsables se sont rendus au chevet du coach pour tenter d’éteindre l’incendie. L’un d’eux lui a rappelé les efforts de son ami, le ministre Narcisse Mouelle Kombi, pour lui décrocher ce poste, et lui a fait comprendre qu’un départ brutal reviendrait à offrir une victoire à la Fécafoot, qui n’a jamais vraiment voulu de lui. Un argument qui a semblé faire mouche.
Mais Brys ne lâche pas totalement l’affaire. S’il accepte de rester, il a décidé de ne pas s’installer sur le banc contre la Libye, le 25 mars, un geste fort pour marquer son opposition. Face à lui, Joachim Mununga a dû hausser le ton pour tenter de le ramener à la raison.
Pendant ce temps, le ministère tentait de joindre Samuel Eto’o, président de la Fécafoot, sans succès. Un cadre de l’instance a fini par déclarer que l’organisation du banc avait été réglée bien avant, avec une répartition des rôles entre les staffs techniques. Une version qui ne convainc pas Brys, déterminé à ne pas plier face à ce qu’il considère comme un diktat.
Mais le coup de grâce est venu de ses propres joueurs. Déçu par leur manque de soutien, Brys s’est effondré en larmes, une scène rare pour un homme aussi tempétueux. Un moment d’émotion qui a marqué les témoins présents et révélé l’ampleur de la fracture entre l’entraîneur et son vestiaire.
La crise atteint son paroxysme. Le ministre des Sports a prévu une rencontre en urgence avec Brys dans les prochaines 24 heures pour tenter de désamorcer la situation. En attendant, le sélectionneur des Lions Indomptables défie ouvertement la Fécafoot et campe sur ses positions. Le clash est imminent.