Deux semaines après avoir accusé en pleine assemblée le président du Sénat nigérian d’agressions sexuelles, la sénatrice Natasha Akpoti s’est exprimée en larmes sur BBC News, livrant un témoignage poignant sur les conséquences de sa dénonciation.
> « Je voulais juste un endroit où travailler. Je croyais que le pire était derrière moi après les élections. Mais je suppose que ce n’est jamais le cas pour une femme, n’est-ce pas ? »
Dans son interview, elle décrit la pression immense qu’elle subit depuis qu’elle a osé parler : insultes, humiliation publique, et même une suspension de six mois, officiellement justifiée par une “mauvaise conduite”.
> « Les agressions sexuelles sont partout au Nigeria : en politique, en entreprise, dans les écoles… Mais les femmes n’ont pas le droit d’en parler. C’est devenu honteux, c’est devenu normal. Dès l’instant où j’ai pris la parole, j’ai été agressée, huée, traitée de victime. On m’a sermonnée. »
Natasha Akpoti raconte aussi le jugement sur sa tenue vestimentaire. Bien qu’elle porte la lafaya, une tenue traditionnelle du Nord totalement couvrante, certains l’ont accusée d’avoir “attiré” ces agressions.
Mais au milieu de cette tempête, elle trouve un soutien inattendu :
> « J’ai reçu des appels de Nigérians, de la diaspora, même de collègues parlementaires en Afrique. Certaines femmes m’ont confié qu’elles vivaient la même chose, même aux plus hauts niveaux du pouvoir. Elles me disent : ‘Natasha, fais-le pour nous !’ »
Pendant ce temps, l’épouse du président du Sénat a porté plainte contre elle, réclamant 250 milliards de nairas en dommages et intérêts. Le président du Sénat, Godswill Akpobia, rejette en bloc ses accusations et affirme que la sénatrice a été suspendue pour ses “écarts de conduite”.
Malgré tout, Natasha Akpoti refuse de se taire. Son combat est loin d’être terminé.


