Paul Biya, 92 ans, semble fatigué par le poids des décennies, mais pas prêt à lâcher prise 43 ans plutard. À l’approche de la présidentielle d’octobre, aucune déclaration claire sur ses intentions. Partira ? Restera ? Le mystère demeure.
Autrefois porté par des « appels du peuple » bruyants et bien orchestrés, le président camerounais ne bénéficie plus du même engouement. En 2011 et 2018, l’élan pro-Biya était massif, malgré les critiques. Aujourd’hui, l’ambiance est tout autre. Quelques voix s’élèvent ici et là, notamment dans certaines chefferies et cercles de fidèles, mais rien qui rappelle la ferveur d’antan.
Même au sein du RDPC, son propre parti, le silence est parlant. Les cadres poursuivent leurs activités, mais sans grande mobilisation autour d’une possible candidature en 2025. L’hésitation est palpable : faut-il s’accrocher à l’homme du Renouveau jusqu’au bout ou préparer l’après-Biya ?
Face à ces incertitudes, le président continue d’envoyer des signaux. Il est là, bien présent aux événements officiels, debout lors du défilé du 20 mai, face aux caméras pour ses discours, actif dans les nominations et décisions stratégiques. Mieux encore, il apparaît plus souvent dans sa sphère privée, comme pour rappeler qu’il est toujours maître du jeu.
Alors, Paul Biya finira-t-il par surprendre en briguant un ultime mandat ? Pour l’instant, il savoure le suspense et laisse ses partisans dans l’attente.