Dans un spectaculaire retournement de situation, Nicusor Dan, maire pro-européen de Bucarest, a remporté le second tour de l’élection présidentielle roumaine, selon des résultats quasi définitifs. Avec plus de 90 % des bulletins dépouillés, le candidat centriste recueille près de 54 % des voix, devançant le leader du parti nationaliste AUR, George Simion, crédité de 46 %.
Malgré ces chiffres, les deux adversaires ont revendiqué la victoire dimanche soir, plongeant le pays dans la confusion. Tandis que Nicusor Dan fêtait son succès entouré de ses partisans dans un parc de Bucarest, appelant à « reconstruire la Roumanie » et saluant « la victoire d’une communauté unie par l’espoir d’un vrai changement », George Simion, lui, se proclamait devant le Parlement « nouveau président de la Roumanie », dénonçant des fraudes électorales et misant sur les votes de la diaspora pour inverser la tendance.
Le duel entre les deux hommes s’est joué dans un climat tendu, quelques mois après l’annulation historique d’un scrutin précédent, entaché de soupçons d’ingérence russe. En tête au premier tour avec près de 41 % des suffrages contre seulement 20 % pour Dan, George Simion semblait bien parti pour l’emporter. Mais une forte mobilisation des électeurs au second tour – près de 65 % de participation, contre 53 % au premier – a redistribué les cartes.
Cette élection, scrutée de près par les partenaires européens de Bucarest, s’impose comme un tournant décisif dans l’avenir géopolitique de la Roumanie, pays frontalier de l’Ukraine et acteur stratégique en Europe de l’Est.