Les forces de l’ordre ont pris, jeudi soir, le contrôle d’une ferme ariégeoise. Les gendarmes mobiles ont investi l’élevage situé dans le village des Bordes-sur-Arize. Les grenades lacrymogènes ont répondu à des jets de projectiles dans un paysage nocturne éclairé par des feux de bottes de foin ou de palettes. « La situation est désormais sous contrôle », a indiqué la préfecture de l’Ariège, peu avant minuit.
Depuis mercredi matin et l’annonce du cas de dermatose nodulaire contagieuse (DNC), les agriculteurs s’étaient rassemblés sur le site pour bloquer l’accès aux services vétérinaires, chargés d’euthanasier 207 blondes d’Aquitaine. Au plus fort de la mobilisation, ils ont été plusieurs centaines d’agriculteurs, de la Coordination rurale (CR), la Confédération paysanne ou de simples sympathisants. Quatre personnes ont été interpellées, selon le ministre de l’Intérieur, Laurent Nunez.
Le préfet de l’Ariège a assuré jeudi en début de soirée que les deux frères propriétaires du troupeau lui avaient donné leur accord pour l’abattage, conformément au protocole sanitaire de lutte contre la DNC. Cette affirmation a été démentie par Pierre-Guillaume Mercadal, dirigeant de la CR du Tarn-et-Garonne. « Ils sont deux frères, un a cédé, l’autre non. Ils sont en train de déchirer cette famille, en plus de l’accabler du deuil de leurs vaches », a-t-il répondu au préfet.
L’abattage, seule méthode efficace pour éviter que « la maladie se diffuse dans l’ensemble du cheptel français », se fera « dès que possible » puis une campagne de vaccination sera lancée dans le département, a annoncé le représentant de l’Etat. Sur les 33.000 bovins d’Ariège, 3.000 ont déjà été vaccinés le mois dernier, dans les zones proches des Pyrénées-Orientales où des foyers ont été détectés.
Les syndicats agricoles locaux et la chambre d’agriculture ont proposé en vain un protocole expérimental au ministère de l’Agriculture, demandant notamment que seules les vaches contaminées soient abattues et qu’une campagne de vaccination massive soit lancée. Jusqu’ici, la réglementation visant à stopper la propagation de la maladie prévoit que l’ensemble du troupeau concerné soit abattu et l’instauration de « zones réglementées » dans un rayon de 50 km autour du foyer de DNC, périmètre dans lequel les déplacements de bovins sont interdits ou restreints.
Un premier cas en Savoie en juin
Apparue en juin en France, non transmissible à l’humain mais pouvant entraîner la mort des animaux, la DNC est « sous contrôle », soutient au contraire le ministère de l’Agriculture qui a ouvert mardi « des réflexions » sur la vaccination préventive du cheptel français. Les cas détectés en Ariège sont les premiers recensés dans ce département depuis la détection du premier foyer en Savoie le 29 juin 2025.