Née en prison : ce que la vie derrière les barreaux m’a vraiment appris

Écrit par
François Xavier
Journaliste – Actualité People François Xavier couvre l'actualité des personnalités publiques, du cinéma, de la télévision et du show-business. Il s'intéresse particulièrement aux grandes tendances médiatiques...
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Grandir en sachant qu’on a passé ses treize premiers mois dans une cellule n’a rien d’ordinaire. Ellise Denton raconte comment ce début de vie singulier a forgé sa trajectoire.

Chez nous, il n’y a jamais eu ce grand moment de malaise où ma mère, Bernadette, se serait assise en face de moi pour m’avouer le secret de ma naissance. En réalité, j’ai l’impression d’avoir toujours su que mon histoire avait commencé à l’ombre. Aujourd’hui âgée de 27 ans, j’affiche ce passé sans fausse pudeur, même si le regard des gens reste lourd face au monde carcéral, y compris pour les enfants qui s’y retrouvent sans avoir rien demandé.

Tout a basculé en 1997. Ma mère a écopé de trois ans de prison pour sa participation au braquage d’un magasin. Sa dépendance à l’héroïne, commencée dès l’adolescence à 15 ans, l’avait poussée à commettre l’irréparable pour payer ses doses. Lorsqu’elle a franchi les portes de la prison de HMP Styal, dans le Cheshire, elle laissait derrière elle ma grande sœur Georgia, alors âgée de trois ans. Ce qu’elle ignorait complètement, c’est qu’elle était enceinte de cinq mois. Elle ne l’a découvert que lors de la visite médicale d’entrée.

Le choc a été terrible. Déjà brisée par la séparation avec sa fille aînée, restée avec mon père Mark, l’idée de mener une grossesse derrière les barreaux la terrifiait. Heureusement, elle était sevrée depuis son arrestation, ce qui écartait les risques pour ma santé. Mais la culpabilité la rongeait. La grande question qui l’empêchait de dormir ? Allait-on lui arracher son bébé à la naissance ? L’administration pénitentiaire l’a vite rassurée : nous pourrions rester ensemble jusqu’à la fin de sa peine.

Une routine surprenante entre les murs

Après un suivi prénatal classique en détention, les choses se sont accélérées le 18 juillet 1998. Les eaux ont rompu alors qu’elle était sous la douche. J’ai pointé le bout de mon nez à peine 54 minutes plus tard, sur le pas de la porte de l’hôpital le plus proche, avec un poids très honorable de 3,5 kilos.

Je n’ai évidemment aucun souvenir de cette première année. Pourtant, ma mère m’a souvent répété que ces mois cloîtrées l’un contre l’autre avaient été une bénédiction. Une bulle salvatrice après avoir frôlé la séparation. Mon père et ma sœur venaient nous voir une fois par semaine. Le quotidien était ultra-rythmé : après le petit-déjeuner partagé dans notre cellule, je rejoignais la crèche de la prison. Pendant ce temps, maman suivait des cours pour réapprendre les bases de la vie en société et des ateliers de parentalité.

L’après-midi, nous avions le droit de nous promener dans les cours intérieures. Le soir, une ambiance presque familiale s’installait : les détenues cuisinaient ensemble, donnaient à manger aux nourrissons et nous couchait. Nos proches nous envoyaient des vêtements et des couches, et chaque jeudi, le magasin de la prison permettait à ma mère d’acheter le nécessaire grâce aux allocations familiales. Nous sommes sorties ensemble en 1999, après 18 mois de détention, pour retrouver mon père et ma sœur.

Le vrai chaos a commencé dehors

C’est paradoxal, mais notre vie semblait plus simple et paisible entre ces murs gris. La sortie a marqué le début des vraies turbulences. Fragilisée par les traumatismes de son enfance et ses anciens excès, ma mère a développé une schizophrénie doublée de crises de psychose. Quand j’ai eu deux ans, la rechute de mes deux parents dans la drogue est devenue trop lourde à gérer. Georgia et moi avons été placées chez notre oncle et notre tante.

Ce foyer nous a apporté la stabilité dont nous avions cruellement besoin. Cela ne m’empêchait pas de voir ma mère régulièrement et de l’aimer profondément. Le sort s’est acharné à mes quatre ans, lorsque mon père est mort d’une pneumonie à seulement 29 ans. Un déchirement. Plus tard, vers mes 10 ans, ma mère allant beaucoup mieux, nous avons commencé à partager notre temps entre les deux maisons jusqu’à notre indépendance.

Ma mère a refait sa vie et a eu trois autres enfants. Nos destins croisés font que mes demi-frères et sœurs ont un âge plus proche de mes propres enfants que du mien. Ce parcours cabossé m’a construite. Dans notre relation, les rôles se sont souvent inversés et j’ai parfois dû porter le costume du parent. Mais nous sommes extrêmement proches. Nos enfants fréquentent la même école, on se croise souvent et elle est une grand-mère formidable pour mes petits de sept, six et un an. Ils sont trop jeunes pour comprendre d’où je viens, mais je leur raconterai quand le moment sera venu.

Ma détermination vient sans doute de ce départ manqué, et ma mère en est très fière. Les conditions de ma naissance ne dictent pas mon avenir, elles me poussent à aller de l’avant. J’aimerais d’ailleurs retourner dans cette prison un jour pour échanger avec ces mères détenues, leur montrer qu’un avenir radieux reste possible et que tout le monde a le droit à une seconde chance.

Chaque année au Royaume-Uni, le sort de ces femmes reste méconnu, alors qu’environ 100 bébés naissent de mères purgeant une peine de prison, selon les données du Centre For Women’s Justice. La loi britannique autorise ces détenues à garder leur nourrisson auprès d’elles pour une période maximale de 18 mois, une main tendue pour préserver le lien maternel avant le retour à la réalité.

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Journaliste – Actualité People François Xavier couvre l'actualité des personnalités publiques, du cinéma, de la télévision et du show-business. Il s'intéresse particulièrement aux grandes tendances médiatiques ainsi qu'aux événements qui alimentent les conversations sur les plateformes numériques.Son approche privilégie une information précise, vérifiée et rédigée dans un style clair afin de permettre aux lecteurs de comprendre rapidement les faits essentiels.Domaines d'expertise : Actualité people, médias, culture, célébrités, divertissement.
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