Le destin foudroyant de « Big Spender », le gangster qui faisait trembler les milliardaires de Hong Kong

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Ange Poireau
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Journaliste – Actualité People Ancienne rédactrice à laminute.info, Ange Poireau est journaliste spécialisé dans l'actualité des célébrités, du divertissement et des médias. Au sein de La...
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Saviez-vous qu’un seul homme a réussi à obtenir la plus grosse rançon de l’histoire moderne en kidnappant le fils de l’une des plus grandes fortunes d’Asie ? Cet homme, c’est Cheung Tze-keung. Surnommé « Big Spender » pour sa fâcheuse tendance à flamber des millions dans les casinos de Macao, il est devenu la figure criminelle la plus redoutée et la plus fascinante des années 1990. Entre braquages à l’AK-47, contrebande d’armes et enlèvements audacieux, son ascension fulgurante n’a eu d’égale que la brutalité de sa chute.

Du gamin des rues au parrain de la pègre

Rien ne destinait Cheung Tze-keung à s’asseoir au sommet du crime organisé. Né en 1955 dans une famille de paysans pauvres du Guangdong, en Chine continentale, il n’a que quatre ans lorsque ses parents décident de fuir la misère pour s’installer à Hong Kong. À l’époque, la colonie britannique regorge de migrants en quête d’une vie meilleure.

Pour le jeune Cheung, l’école s’arrête très vite. Faute d’argent, il doit trimer dès l’adolescence comme apprenti tailleur. Mais l’économie en plein boom de Hong Kong laisse les plus pauvres sur le côté, et le jeune homme refuse de se contenter de miettes. Dans les années 1970, il plonge dans le bain du crime : paris clandestins, usure, extorsions. Très vite, la police locale commence à noter son nom.

Dans la décennie suivante, il passe à la vitesse supérieure en s’alliant à la puissante triade Wo Shing Wo. C’est là qu’il forge son personnage public de flambeur. Grosses voitures, fringues de luxe, sessions de jeu frénétiques à Macao… Cheung veut que tout le monde voie sa réussite. Pour la pègre, il devient officiellement « Big Spender ».

Des braquages spectaculaires à l’arsenal de guerre

Au cours des années 1980 et 1990, sa bande passe aux choses sérieuses. Finis les petits larcins, place aux attaques de fourgons blindés et de bijouteries en plein jour. Le mode opératoire est terrifiant : les hommes de Cheung débarquent armés de fusils d’assaut AK-47 et n’hésitent pas à arroser la foule pour s’enfuir.

Leur coup le plus fumant a lieu le 12 juillet 1991 à l’aéroport de Kai Tak. Ce jour-là, le gang intercepte un véhicule de sécurité et repart avec un butin historique de 167 millions de dollars de Hong Kong en petites coupures. Arrêté peu après, Cheung parvient pourtant à se faire acquitter en appel en 1995 grâce à un vice de procédure. Un camouflet pour la police, une légende pour le milieu.

Pour alimenter ses troupes, « Big Spender » monte un réseau de contrebande d’armes ultra-performant avec la Chine continentale. À bord de bateaux ultra-rapides, il fait transiter des vagues de pistolets, des milliers de munitions et surtout une cargaison de près de 800 kilos de dynamite. De quoi faire sauter un quartier entier de Hong Kong.

Le hold-up du siècle : Victor Li et Walter Kwok dans le viseur

Fort de sa puissance de feu, Cheung Tze-keung change de ligue. Pourquoi braquer des banques quand on peut s’attaquer directement aux portefeuilles des hommes les plus riches de la planète ?

Le 23 mai 1996, le gang réalise son coup de maître. Armés jusqu’aux dents, ils bloquent la voiture de Victor Li Tzar-kuoi, le fils aîné du multimilliardaire Li Ka-shing. Les criminels ligotent le jeune homme, lui scotchent la bouche et l’enchaînent dans une planque. Cheung négocie en direct avec le père, les yeux dans les yeux, sans que la police ne soit jamais prévenue. La famille cède et verse la somme surréaliste de 1,038 milliard de dollars de Hong Kong en liquide (environ 134 millions de dollars américains à l’époque). Le gangster empoche personnellement 362 millions.

Insatiable, il récidive un an plus tard, juste après la rétrocession de Hong Kong à la Chine en 1997. Sa nouvelle cible ? Walter Kwok, le patron du géant de l’immobilier Sun Hung Kai Properties. Cette fois, l’affaire est plus sombre. Kwok refuse d’abord de coopérer. Le gang le passe à tabac, le déshabille et l’enferme dans une minuscule cage en bois pendant six jours dans les Nouveaux Territoires. La transaction se fait à nouveau en secret : la famille Kwok lâche 600 millions de dollars de Hong Kong pour récupérer le chef d’entreprise, qui restera traumatisé à vie.

Le piège chinois et le procès de Canton

L’impunité de Cheung va brutalement s’arrêter lorsque le terrain de jeu change de souveraineté. En janvier 1998, alors qu’il tente de franchir la frontière vers la Chine continentale à Shenzhen avec de faux papiers, « Big Spender » est arrêté avec 17 de ses complices. Les autorités chinoises ne rigolent pas : elles saisissent immédiatement des stocks d’armes, de la dynamite et des millions d’actifs.

Interrogé pendant six mois dans une prison de haute sécurité, le caïd arrogant finit par craquer. Il avoue tout : les rapts des milliardaires, les attaques à main armée, le trafic d’explosifs et même le meurtre d’un informateur en Chine populaire. Plus de trente complices balancent à leur tour les détails de l’organisation.

Le procès s’ouvre en novembre 1998 devant le tribunal populaire intermédiaire de Canton (Guangzhou). C’est là que le piège juridique se referme. Bien que les enlèvements aient eu lieu sur le sol de Hong Kong (qui possède son propre système judiciaire hérité des Britanniques), Pékin revendique le droit de juger l’affaire. Pourquoi ? Parce que les crimes ont été planifiés et armés depuis le territoire de la République Populaire de Chine.

Les avocats de la défense crient au scandale et dénoncent une violation du principe « un pays, deux systèmes », mais rien n’y fait. Le 12 novembre 1998, le verdict tombe : Cheung Tze-keung et quatre de ses lieutenants sont condamnés à la peine capitale.

Un peloton d’exécution à l’aube

Le dénouement est d’une rapidité fulgurante. Le 5 décembre 1998 au matin, dans un champ de tir à Panyu, près de Canton, Cheung Tze-keung et ses quatre associés sont fusillés par un peloton d’exécution. Les autorités incinèrent immédiatement les corps, privant les familles de funérailles publiques pour éviter que la tombe du gangster ne devienne un lieu de pèlerinage pour les triades.

L’exécution de « Big Spender » a marqué la fin d’une époque, celle des grands parrains de la pègre qui défiaient ouvertement l’État. Elle a aussi laissé un héritage culturel immense, inspirant des dizaines de polars du cinéma de Hong Kong, comme les films Operation Billionaires ou le célèbre Trivisa. Aujourd’hui encore, le nom de Cheung Tze-keung reste synonyme d’une audace criminelle hors norme, stoppée net par la justice implacable de Pékin.

 

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Journaliste – Actualité People Ancienne rédactrice à laminute.info, Ange Poireau est journaliste spécialisé dans l'actualité des célébrités, du divertissement et des médias. Au sein de La Minute du Buzz, elle suit quotidiennement les informations concernant les artistes, acteurs, chanteurs, influenceurs et personnalités publiques qui font l'actualité en France comme à l'international.Toujours attentif aux tendances émergentes et aux sujets les plus commentés sur les réseaux sociaux, il privilégie une information vérifiée, claire et contextualisée. Son objectif est d'offrir aux lecteurs des articles rapides à lire, fiables et accessibles à tous.Domaines d'expertise : Actualité people, célébrités, télévision, cinéma, influenceurs, réseaux sociaux.
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