Elle incarne une actrice sur le point de mourir. Et elle monte les marches avec élégance. Marion Cotillard était à Cannes ce mercredi 20 mai pour la séance de minuit de « Roma Elastica » de Bertrand Mandico.
« Roma Elastica » : Marion Cotillard dans la peau d’une star qui s’éteint
Il y a des rôles qui ressemblent à des aveux. Celui qu’incarne Marion Cotillard dans « Roma Elastica » en fait partie.
Elle y joue Eddie, une actrice dont l’heure de gloire américaine est derrière elle. Accompagnée de Valentina, sa maquilleuse de toujours interprétée par Noémie Merlant, Eddie accepte le rôle principal d’un film de science-fiction tourné à Rome. Ce tournage pourrait bien être le dernier de sa carrière.
Bertrand Mandico, cinéaste français au style résolument singulier, rend ici hommage aux actrices qui se fanent, aux icônes qui pâlissent à la fleur de l’âge, dans les décors somptueux de Cinecitta, vestige de la grandeur du cinéma italien des années 1970. Un sujet qui, dans les mains de Mandico, ne peut que donner quelque chose d’étrange et de beau.
Le film était présenté en séance de minuit, dans la sélection officielle de ce 79e Festival de Cannes.
Un choix de carrière qui dit quelque chose
Marion Cotillard n’est pas de celles qui enchaînent les productions commerciales pour entretenir leur visibilité. À y regarder de plus près, sa filmographie depuis quelques années ressemble à un manifeste.
Leos Carax pour « Annette », Mona Achache pour « Little Girl Blue », Lucile Hadžihalilović pour « La Tour de glace », et maintenant Bertrand Mandico pour « Roma Elastica ». Des cinéastes qui partagent un goût pour les formes inhabituelles, les récits qui débordent des cadres narratifs classiques.
Choisir de jouer une actrice en train de mourir symboliquement dans un film de Mandico, c’est précisément le genre de prise de risque artistique qui caractérise sa trajectoire. Pas le rôle évident. Pas le film bankable.
Déjà présente à Cannes quelques jours plus tôt, pour Guillaume Canet
Ce n’était pas sa première montée des marches lors de cette édition. Quelques jours avant, Marion Cotillard avait déjà foulé le tapis rouge du Palais des festivals pour « Karma », le film de Guillaume Canet, son ancien compagnon. La coïncidence du calendrier est ce qu’elle est, et les deux sont restés suffisamment professionnels pour que cette présence simultanée à Cannes ne génère aucun incident visible.
Noémie Merlant, qui partage l’affiche de « Roma Elastica » avec elle dans le rôle de Valentina, était également là pour monter les marches. Les deux actrices formaient un duo visuellement saisissant sur le tapis rouge, dans des tenues qui tranchaient avec l’esthétique habituelle des galas cannois.
Avec deux présences au festival en quelques jours, et deux films de nature radicalement différente, Marion Cotillard aura confirmé à Cannes 2025 ce qu’on savait déjà d’elle : qu’elle choisit ses projets avec une cohérence rare, et que les cases préfabriquées ne l’intéressent pas vraiment.
