À 41 ans, Cristiano Ronaldo n’a pas dit son dernier mot. Sélectionné dans le groupe des 26 joueurs retenus par Roberto Martinez, il s’apprête à écrire un nouveau chapitre de sa légende cet été aux États-Unis.
La liste est tombée, et le nom de Ronaldo y figure. Pas de surprise, mais une confirmation qui fait quand même son petit effet : l’attaquant d’Al-Nassr deviendra le premier joueur de l’histoire du Portugal à disputer six Coupes du Monde consécutives. Un record qui s’ajoute à une carrière déjà saturée de distinctions.
226 sélections. 143 buts en équipe nationale. Des chiffres qui donnent le vertige et qui restent largement au-dessus de tout le monde dans l’histoire du football portugais. Il y aura forcément des occasions de les alourdir encore cet été.
À ses côtés, la sélection s’annonce bien fournie. Joao Felix, son coéquipier à Al-Nassr, sera là en attaque. Pedro Neto (Chelsea), Bruno Fernandes, capitaine de Manchester United, ainsi que Bernardo Silva, Ruben Dias et Matheus Nunes, tous de Manchester City, ont également été retenus.
Le parcours en groupe : Congo, Ouzbékistan, Colombie
Le Portugal débutera sa campagne le 17 juin contre la RD Congo. Six jours plus tard, les Lusitaniens affronteront l’Ouzbékistan, avant de conclure la phase de groupes le 28 juin face à la Colombie. Un groupe qui, sur le papier, laisse envisager une qualification sans trop de turbulences.
Mais le football a le don d’infirmer les pronostics confortables, surtout lors des grandes compétitions.
Cinq Coupes du Monde, un palmarès en clair-obscur
Difficile de parler de la carrière internationale de Ronaldo sans pointer l’évidence : malgré tout ce qu’il a accompli en club, le Graal mondial lui a toujours échappé. Et pas faute d’y avoir cru.
Sa première Coupe du Monde remonte à 2006 en Allemagne, où le Portugal avait atteint les demi-finales. Un beau parcours. En 2010 en Afrique du Sud, élimination en huitièmes de finale. En 2014 au Brésil, catastrophe : sortie dès la phase de groupes. En 2018 en Russie, encore les huitièmes.
Et puis il y a le Qatar 2022. Cette édition-là a laissé des traces. Ronaldo avait été mis sur le banc par le sélectionneur Fernando Santos pour plusieurs rencontres, alimentant des rumeurs de tensions dans le vestiaire, voire de menaces de quitter le camp portugais. L’équipe a fini par être éliminée en quarts de finale, et Santos a été remercié dans la foulée.
Martinez : “L’âge n’est qu’un chiffre”
Roberto Martinez, le nouvel entraîneur, a choisi une position claire : Ronaldo est dans ses plans, et les questions d’âge ne l’intéressent pas. L’ancien coach d’Everton l’a dit sans ambages la semaine dernière : « L’âge n’est qu’un chiffre. Certes, en équipe nationale, nous pouvons mesurer exactement ce qui se passe jour après jour, et vous prenez les décisions pour le lendemain. On ne regarde jamais plus loin que le lendemain. »
Il a aussi décrit comment il utilise Ronaldo dans son système : « Maintenant, nous avons cinq remplaçants. C’est presque comme si nous avions une équipe de départ et une équipe de finisseurs. Il n’y a pas de distinction. Il y a des rôles différents et Cristiano a toujours accepté son rôle. Il est fantastique dans ces mouvements, ces courses, pour ouvrir les espaces, pour écarter les défenseurs centraux. Il a été discipliné pour être dans les bonnes positions, exécutant toujours les schémas offensifs que nous avons. »
Un discours mesuré, pragmatique, qui tranche avec la polémique Qatar. Martinez ne cherche pas à faire de Ronaldo une star à ménager, mais un outil tactique parmi d’autres. Ronaldo, lui, semble avoir accepté cette réalité.
36 trophées, mais toujours sans Coupe du Monde
C’est le paradoxe de sa carrière. Cinq Ligues des champions. Un Euro. Des titres de champion en Angleterre, en Espagne, en Italie. 36 trophées collectifs au total, selon les décomptes officiels. Une longévité qui force le respect.
Pourtant, quand on évoque Ronaldo et les grandes compétitions internationales avec le Portugal, c’est cet unique Euro 2016 remporté qui ressort, avec cette image de lui en survêtement sur le bord du terrain, genou blessé, coachant ses coéquipiers à la voix. Pas vraiment l’image d’un héros classique, mais celle d’un homme qui refuse de lâcher.
Cet été aux États-Unis sera très probablement sa dernière chance de décrocher le seul titre qui manque encore à son armoire.
