Nantes-Toulouse arrêté définitivement : la Beaujoire en feu, Halilodzic en larmes

Yvan Pedri
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©PHOTOPQR/OUEST FRANCE/Franck Dubray ; Nantes ; 17/05/2026 ; Football Championnat de France de ligue 1 FC Nantes contre Toulouse La pelouse a été envahie par les supporters de la brigade Loire Vahid Halilhodzic , entraineur FC Nantes (Photo Franck Dubray)

Le FC Nantes relégué en Ligue 2, un match stoppé à la 22e minute, des affrontements avec les CRS et un entraîneur en pleurs dans les couloirs. Dimanche soir à la Beaujoire, la saison nantaise s’est terminée dans le chaos.

Il y a des fins de saison qui font mal  et puis il y a celle-là.

Dès l’entame du match face à Toulouse, le ton était donné. Des banderoles de protestation avaient été déployées dans les tribunes. Puis les fumigènes ont volé sur la pelouse. Et à la 22e minute, les ultras nantais, vêtus de cagoules vertes et jaunes, ont envahi le terrain.

Les joueurs ont été escortés jusqu’aux vestiaires. La rencontre s’est interrompue. Un silence pesant s’est install, le genre de silence qui précède généralement quelque chose de pire.

Ce qui a suivi : des affrontements entre les CRS et des supporters, à coups de projectiles, en bas des tribunes. Des images diffusées sur Ligue 1+ ont montré la violence des échanges, tandis que la situation peinait à être maîtrisée par les forces de l’ordre.

Halilodzic seul sur le terrain puis en larmes dans les couloirs

Au moment où les supporters ont débordé sur la pelouse, tous les acteurs de la rencontre ont été évacués. Tous, sauf un.

Vahid Halilodzic, l’entraîneur du FC Nantes, honoré par le club avant le coup d’envoi pour ce qui était son dernier match sur le banc des Canaris, est resté sur le terrain. Retenu par un membre du service de sécurité, hors de lui, il a tenté de raisonner les ultras. Une scène lunaire, entre un homme qui essaie de parler et une foule qui n’entend plus rien.

Il n’y a pas grand-chose à ajouter sur ce moment-là. Les images parlent seules.

Peu après, les caméras l’ont retrouvé dans les couloirs de la Beaujoire, en larmes. C’est peut-être l’image la plus difficile de toute cette soirée — un entraîneur qui aura tout donné pour maintenir ce club, effondré au milieu du chaos.

Arrêt définitif sur décision du préfet

Après plus de quarante minutes de réunion de crise, en présence du préfet de la Loire-Atlantique, l’issue ne faisait plus de doute. Le délégué de la LFP et l’arbitre Stéphanie Frappart ont officialisé l’arrêt définitif de la rencontre.

La raison invoquée par Stéphanie Frappart : « sur décision du préfet pour des raisons de sécurité ».

Six mots. Secs, administratifs, dépourvus de tout ornement. Mais derrière cette formule froide, c’est toute la réalité d’un club historique qui s’effondre, relégué sportivement, incapable de finir sa dernière rencontre à domicile dans des conditions normales.

Le FC Nantes est un club aux sept titres de champion de France. Il a formé des générations de joueurs, porté le football à la nantaise dans toute l’Europe. Et dimanche soir, il descend en Ligue 2 sur fond de fumigènes, de CRS et d’un entraîneur en larmes. C’est une fin de chapitre particulièrement brutale.

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